Bêtabloquants et diabète de type 1
Terminologie : bêtabloquants, béta-bloquants, bisoprolol, métoprolol, aténolol, propranolol
En bref
Les bêtabloquants (Cardensiel, Seloken, Ténormine) peuvent masquer les signes adrénergiques d'hypoglycémie (tachycardie, tremblements, palpitations), qui sont souvent les premiers à alerter les DT1 : la notice de Cardensiel le signale. Pour une personne DT1 sous bêtabloquant, un capteur (CGM) avec des alarmes basses réglées avec le médecin aide à repérer les hypoglycémies peu ressenties.
Bêtabloquants, qu'est-ce que c'est ?
Les bêtabloquants sont des médicaments cardioprotecteurs qui bloquent les récepteurs bêta-adrénergiques. Ils sont prescrits dans l'insuffisance cardiaque, l'hypertension artérielle, les troubles du rythme et en prévention des infarctus. Les principaux bêtabloquants utilisés en France sont le bisoprolol (Cardensiel), le métoprolol (Seloken), l'aténolol (Ténormine) et le propranolol. On distingue les bêtabloquants cardiosélectifs (bisoprolol, métoprolol, aténolol), qui bloquent surtout les récepteurs β1 cardiaques, et les non sélectifs (propranolol), qui bloquent β1 et β2. Les DT1 adultes ont un risque cardiovasculaire élevé et peuvent avoir besoin de ces médicaments.
Bêtabloquants : le mécanisme
Le problème avec les bêtabloquants en DT1 est indirect mais important. Lors d'une hypoglycémie, l'organisme déclenche une réponse adrénergique (montée d'adrénaline) qui produit les signes d'alerte classiques : tachycardie, tremblements, sueurs, palpitations. Les bêtabloquants bloquent ces réponses adrénergiques, éliminant ou atténuant ces signaux d'alerte. Le patient DT1 peut alors ne pas ressentir l'hypoglycémie jusqu'à des valeurs très basses. De plus, les bêtabloquants non sélectifs (propranolol) inhibent la glycogénolyse hépatique stimulée par l'adrénaline, prolongeant potentiellement la durée des hypoglycémies. Note : les sueurs restent présentes même sous bêtabloquants car elles sont médiées par le système cholinergique, non adrénergique.
Bêtabloquants en chiffres
Une étude chez 12 volontaires non diabétiques (Kerr, Br J Clin Pharmacol, 1990) a comparé 1 semaine de propranolol, d'aténolol et de métoprolol à un placebo, pendant une hypoglycémie modérée provoquée (2,5 mmol/L, soit environ 0,45 g/L). L'accélération du cœur était bloquée sous aténolol, le tremblement supprimé sous propranolol, et la transpiration augmentée avec les 3 molécules. Dans cette étude, la perception de l'hypoglycémie n'était pas diminuée. Ces résultats portent sur des volontaires sains et sur 1 semaine de traitement seulement : ils ne se transposent pas tels quels aux personnes DT1, chez qui la notice de Cardensiel signale un risque de masquage des signes d'hypoglycémie.
Bêtabloquants au quotidien avec un DT1
Pour un DT1 sous bêtabloquant : un capteur avec alarmes d'hypoglycémie activées est particulièrement utile. Le niveau de l'alarme basse se règle avec le médecin, qui peut choisir de le placer plus haut que d'habitude. Restez attentif aux sueurs : elles persistent sous bêtabloquant, et ont même été augmentées dans l'étude de Kerr (1990). Il est utile que l'entourage sache reconnaître un malaise glycémique. Le choix d'un bêtabloquant cardiosélectif (bisoprolol plutôt que propranolol) se discute avec le cardiologue.
✅ Un point à connaître quand on commence un bêtabloquant : le ressenti habituel des hypoglycémies peut changer. Beaucoup de personnes s'en étonnent, parce qu'elles n'ont jamais eu de problème avec leurs hypos. C'est justement parce que leur système adrénergique fonctionnait bien : il est maintenant partiellement freiné, et les signaux d'alarme habituels, comme les tremblements ou le cœur qui s'emballe, peuvent s'atténuer. D'où l'intérêt d'un capteur avec des alarmes basses bien réglées, à voir avec le médecin, et d'une règle sans exception : ne jamais conduire sans avoir vérifié sa glycémie.
Bêtabloquants : questions fréquentes
Les bêtabloquants font-ils monter ou baisser la glycémie d'un DT1 ?
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Les bêtabloquants ne provoquent pas d'hypoglycémie à eux seuls, mais la notice de Cardensiel (bisoprolol) signale une « augmentation de l'effet hypoglycémiant » de l'insuline, en plus du risque de masquer les signes d'alerte. La glycémie mérite donc une attention particulière, à voir avec le médecin. Les bêtabloquants non sélectifs (propranolol) peuvent en plus freiner la libération de glucose par le foie pendant une hypoglycémie, ce qui peut en prolonger la durée.
Quel bêtabloquant choisir si on est DT1 ?
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Les bêtabloquants cardiosélectifs (bisoprolol/Cardensiel, métoprolol/Seloken) sont préférés chez les DT1 car ils bloquent surtout les récepteurs β1 cardiaques, avec moins d'impact sur les récepteurs β2 impliqués dans la glycogénolyse et la réponse adrénergique aux hypoglycémies. Le propranolol (non sélectif) est à éviter si possible. Ce choix appartient au cardiologue et doit être discuté avec le diabétologue.
Sources
Kerr D. et al. : Beta-adrenoceptor blockade and hypoglycaemia, metoprolol CR, atenolol and propranolol LA in normal subjects (Br J Clin Pharmacol, 1990) | Notice de Cardensiel, rubriques 4.4 et 4.5 (base de données publique des médicaments) | ESC Guidelines : Diabetes and cardiovascular disease (2023)
Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.
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