📖 Lexique DT1

Diabète Mitochondrial (MIDD)

Terminologie : MIDD (Maternally Inherited Diabetes and Deafness), diabète mitochondrial m.3243A>G, diabète maternellement hérité, syndrome MELAS partiel

En bref

Le diabète mitochondrial MIDD est causé par une mutation de l'ADN mitochondrial (le plus souvent m.3243A>G). Il se transmet uniquement par la mère, débute généralement entre 30 et 40 ans, et s'associe quasi systématiquement à une surdité bilatérale progressive. La metformine est déconseillée. Le passage à l'insuline est fréquent au fil des années.

Diabète Mitochondrial (MIDD), qu'est-ce que c'est ?

Le diabète mitochondrial MIDD (Maternally Inherited Diabetes and Deafness) est une maladie génétique rare causée par une mutation de l'ADN mitochondrial, le plus souvent la mutation m.3243A>G dans le gène MT-TL1 codant un ARN de transfert. Contrairement aux mutations chromosomiques classiques, les mutations mitochondriales se transmettent exclusivement par voie maternelle, un homme atteint ne transmet pas la maladie à ses enfants. Le diabète résulte d'un dysfonctionnement des mitochondries dans les cellules bêta pancréatiques, qui dépendent fortement de la phosphorylation oxydative pour produire l'ATP nécessaire à la sécrétion d'insuline. Sans ATP suffisant, la détection du glucose et la sécrétion d'insuline en réponse aux repas sont altérées.

Diabète Mitochondrial (MIDD) : le mécanisme

La mutation m.3243A>G affecte la chaîne respiratoire mitochondriale dans tous les tissus de l'organisme, mais certains organes très dépendants de l'énergie mitochondriale sont particulièrement touchés : les cellules bêta pancréatiques (diabète), les cellules ciliées de l'oreille interne (surdité), le muscle cardiaque (cardiomyopathie), et les neurones (en cas de syndrome MELAS complet). La proportion de mitochondries porteuses de la mutation (l'hétéroplasmie) varie d'un tissu à l'autre et d'une personne à l'autre, ce qui explique en partie la diversité des tableaux cliniques. Les cellules bêta du pancréas, incapables de produire assez d'ATP, ne peuvent pas détecter correctement l'hyperglycémie ni sécréter l'insuline en réponse au glucose.

Diabète Mitochondrial (MIDD) en chiffres

Le MIDD toucherait jusqu'à 1 % des personnes diabétiques (Murphy R. et al., Diabetic Medicine, 2008). La mutation m.3243A>G en est la cause la plus fréquente (Maassen J.A. et al., Diabetes, 2004). Dans une étude multicentrique française de 54 patients porteurs de cette mutation, une surdité neurosensorielle était présente chez presque tous ; le diabète n'était pas insulinodépendant au début chez 87 % d'entre eux, mais 46 % sont passés à l'insuline après environ 10 ans d'évolution (Guillausseau P.J. et al., Annals of Internal Medicine, 2001).

Diabète Mitochondrial (MIDD) au quotidien

Le MIDD nécessite une surveillance multidisciplinaire : endocrinologue, ORL (audiogrammes réguliers), cardiologue (recherche de cardiomyopathie), ophtalmologue (atteinte maculaire évocatrice du MIDD), et neurologue si signes de MELAS. L'insuline devient le plus souvent nécessaire au fil des années. La metformine n'est pas contre-indiquée en tant que telle par son RCP, mais elle est généralement évitée dans le MIDD, parce qu'elle interfère avec la fonction mitochondriale (risque théorique d'acidose lactique) : c'est la position de l'équipe d'Exeter (diabetesgenes.org) et de la revue de Murphy R. et al. (Diabetic Medicine, 2008). Une revue de 2026 la juge envisageable avec surveillance, en décision partagée (Chaudhry A. et al., Diabetes, Obesity and Metabolism). La décision revient au diabétologue. La supplémentation en coenzyme Q10 est parfois proposée, avec des preuves limitées. Une consultation génétique est indispensable pour le conseil familial.

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ Le diabète mitochondrial est rare, et l'association qui le fait évoquer est connue : un diabète chez une personne mince, sans autoanticorps, une surdité qui s'installe progressivement, et des antécédents familiaux du côté maternel uniquement. Aucun de ces signes ne suffit seul, et c'est au médecin d'évoquer la piste. La confirmation passe par la recherche de la mutation m.3243A>G, souvent mieux détectée dans les urines que dans le sang. La maladie mitochondriale pèse aussi sur le choix du traitement, qui revient à l'équipe médicale : la metformine y est généralement évitée, en raison du risque d'acidose lactique.

Diabète Mitochondrial (MIDD) : questions fréquentes

1Un fils d'une mère atteinte de diabète mitochondrial peut-il transmettre la maladie ?

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Non. La transmission du diabète mitochondrial est exclusivement matrilinéaire. Les mitochondries sont transmises uniquement par l'ovocyte maternel, les mitochondries du spermatozoïde sont détruites après la fécondation. Un homme porteur de la mutation m.3243A>G peut développer la maladie (diabète, surdité), mais ne la transmettra à aucun de ses enfants. En revanche, une femme porteuse transmet la mutation à tous ses enfants, avec une expression clinique variable selon le taux d'hétéroplasmie.

2Quelle est la différence entre MIDD et syndrome MELAS ?

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MIDD et MELAS sont 2 expressions cliniques de la même mutation m.3243A>G, avec une sévérité différente. Le MIDD est la forme partielle : diabète et surdité, parfois cardiomyopathie, sans atteinte neurologique majeure. Le syndrome MELAS complet (Mitochondrial Encephalomyopathy, Lactic Acidosis, and Stroke-like episodes) est la forme sévère : épisodes pseudo-vasculaires cérébraux, encéphalopathie, myopathie, acidose lactique, en plus du diabète et de la surdité ; il est généralement diagnostiqué plus jeune. Une hétéroplasmie plus élevée est associée aux formes plus sévères, mais aucun seuil ne permet de prédire le tableau d'une personne donnée.

Sources

Maassen J.A. et al. : Mitochondrial diabetes, molecular mechanisms and clinical presentation (Diabetes, 2004) | Guillausseau P.J. et al. : Maternally inherited diabetes and deafness, a multicenter study (Annals of Internal Medicine, 2001) | Murphy R. et al. : Clinical features, diagnosis and management of maternally inherited diabetes and deafness (Diabetic Medicine, 2008)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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