Oméga-3 et diabète de type 1
Terminologie : acides gras oméga-3, EPA DHA, huile de poisson, oméga-3 et diabète
En bref
Les oméga-3 à longue chaîne (EPA et DHA) sont présents dans les poissons gras. Pris en complément, ils abaissent les triglycérides, de près de 30 % dans la méta-analyse de Friedberg (Diabetes Care, 1998), qui incluait des personnes DT1 et DT2, sans modifier l'HbA1c : ils ne sont pas un traitement de la glycémie. Chez 15 480 personnes diabétiques, 1 g par jour pendant 7,4 ans n'a pas réduit les accidents vasculaires (essai ASCEND, NEJM 2018). L'ANSES recommande un apport alimentaire de 250 mg d'EPA et 250 mg de DHA par jour.
Oméga-3, qu'est-ce que c'est ?
Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés à longue chaîne. Les formes actives pour l'homme sont l'EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque), présents dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). L'ALA (acide alpha-linolénique, végétal) en est un précurseur, mais l'organisme le convertit mal en EPA et DHA. Les compléments d'oméga-3 ne remplacent pas les statines : chez les personnes diabétiques, ils n'ont pas montré de bénéfice vasculaire (essai ASCEND, NEJM 2018).
Oméga-3 : le mécanisme
Les oméga-3 (EPA et DHA) s'incorporent dans les membranes cellulaires et sont précurseurs de médiateurs impliqués dans la réponse inflammatoire. Ils abaissent les triglycérides sanguins (de près de 30 % dans la méta-analyse de Friedberg, 1998), mais peuvent augmenter légèrement le cholestérol LDL. À forte dose, ils augmentent le risque de fibrillation auriculaire : c'est le constat d'une méta-analyse de 7 grands essais (Gencer, Circulation 2021), et l'EMA l'a inscrit en 2023 comme effet indésirable fréquent des médicaments à base d'esters éthyliques d'oméga-3. Ils ne modifient pas l'HbA1c et ne sont pas un traitement de la glycémie ni de la sensibilité à l'insuline.
Oméga-3 en chiffres
Une méta-analyse de 26 essais chez des personnes DT1 et DT2 (Friedberg, Diabetes Care 1998) montre que l'huile de poisson abaisse les triglycérides de 0,60 mmol/L en moyenne (près de 30 %), augmente un peu le LDL (+0,18 mmol/L) et ne modifie pas l'HbA1c ; la glycémie à jeun était même un peu plus basse chez les personnes DT1. L'essai ASCEND (NEJM, 2018 : 15 480 personnes diabétiques, 1 g par jour, 7,4 ans) n'a montré aucune baisse des accidents vasculaires. L'essai REDUCE-IT (Bhatt, NEJM 2019) a réduit de 25 % les événements cardiovasculaires avec un médicament, l'icosapent d'éthyle à 4 g par jour, associé à une statine : ce résultat ne s'applique pas aux compléments d'huile de poisson.
Oméga-3 au quotidien avec un DT1
Oméga-3 et DT1 : le repère de Santé publique France est de manger du poisson 2 fois par semaine, dont 1 poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). Un complément ne se prend pas sans raison : il se discute avec votre médecin, notamment en cas de triglycérides élevés, et à forte dose il augmente le risque de fibrillation auriculaire (EMA, 2023). Il ne demande pas d'adapter l'insuline. Les oméga-3 végétaux (lin, chia, noix) apportent de l'ALA, que l'organisme convertit mal en EPA et DHA.
✅ Les oméga-3 ne sont pas « essentiels » comme les statines dans la prise en charge cardiovasculaire du DT1, mais ils s'inscrivent dans une approche globale. Une supplémentation, en cas de triglycérides élevés, se discute avec le médecin. Le repère alimentaire, lui, est simple : du poisson 2 fois par semaine, dont 1 poisson gras (saumon, maquereau, sardines), comme le recommande Santé publique France.
Oméga-3 : questions fréquentes
Les oméga-3 améliorent-ils la glycémie d'un DT1 ?
▼
Non. Dans la méta-analyse de Friedberg (Diabetes Care, 1998), l'huile de poisson n'a pas modifié l'HbA1c des personnes diabétiques ; son effet porte sur les triglycérides, qu'elle abaisse. Les oméga-3 ne remplacent pas et ne réduisent pas les doses d'insuline. Et chez les personnes diabétiques, un complément de 1 g par jour n'a pas réduit les accidents vasculaires (essai ASCEND, NEJM 2018).
Quelle forme d'oméga-3 choisir en complément ?
▼
Un complément d'oméga-3 se choisit avec votre médecin ou votre pharmacien, qui connaissent votre traitement. À savoir : l'huile de foie de morue est riche en vitamine A, qui peut devenir toxique à forte dose ; les huiles de microalgues sont une source végétale de DHA ; et à forte dose, les oméga-3 augmentent le risque de fibrillation auriculaire (EMA, 2023). Le repère de Santé publique France reste alimentaire : du poisson 2 fois par semaine, dont 1 poisson gras.
Sources
Friedberg C.E. et al. : Fish oil and glycemic control in diabetes, a meta-analysis (Diabetes Care, 1998) | ASCEND Study Collaborative Group : Effects of n-3 fatty acid supplements in diabetes mellitus (NEJM, 2018) | Bhatt D.L. et al. : REDUCE-IT trial (NEJM, 2019) | Gencer B. et al. : Marine omega-3 fatty acids supplementation and risk of atrial fibrillation, meta-analysis (Circulation, 2021) | EMA : Omega-3-acid ethyl esters, dose-dependent increased risk of atrial fibrillation (DHPC, 2023) | ANSES (Afssa) : Apports nutritionnels conseillés en acides gras | Santé publique France : repères du PNNS
Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.
Termes liés
Accompagnement DT1
Accompagnement individuel par un infirmier, lui-même diabétique de type 1.
Découvrir l'accompagnement →