Psoriasis et diabète de type 1
Terminologie : psoriasis et diabète, dermatose inflammatoire DT1, biothérapies et insuline
En bref
Le psoriasis est une dermatose inflammatoire auto-immune chronique 2 à 3 fois plus fréquente dans le DT1 que dans la population générale (terrain auto-immun commun). L'inflammation systémique du psoriasis aggrave l'insulinorésistance. Attention pratique : les lésions psoriasiques sur l'abdomen ou les bras peuvent compliquer le port de capteurs CGM ou de cathéters de pompe.
Psoriasis, qu'est-ce que c'est ?
Le psoriasis est une dermatose inflammatoire chronique touchant, selon les pays, de 0,91 % à 8,5 % des adultes (Parisi R. et al., 2013), caractérisée par des plaques érythémateuses et squameuses. C'est une maladie auto-immune impliquant les lymphocytes T. Dans le DT1, un terrain auto-immun commun est évoqué, sans chiffre de fréquence fiable à ce jour. Les traitements incluent les topiques (corticoïdes locaux, analogues de la vitamine D), la photothérapie, les médicaments systémiques (méthotrexate, ciclosporine) et les biothérapies (anti-TNF, anti-IL-17, anti-IL-23).
Psoriasis : le mécanisme
Le psoriasis génère une inflammation systémique chronique (TNF-α, IL-17, IL-23 élevés) qui aggrave l'insulinorésistance et peut déséquilibrer la glycémie. Les traitements systémiques du psoriasis ont des impacts variés : la ciclosporine peut augmenter la glycémie (diabétogène potentiel) ; les biothérapies anti-TNF-α peuvent légèrement améliorer la sensibilité à l'insuline (le TNF-α étant impliqué dans l'insulinorésistance). Les corticoïdes topiques à forte puissance appliqués sur de grandes surfaces peuvent être absorbés systémiquement et provoquer une hyperglycémie.
Psoriasis en chiffres
En population générale adulte, la prévalence du psoriasis varie de 0,91 % (États-Unis) à 8,5 % (Norvège) selon une revue de 53 études (Parisi R. et al., Journal of Investigative Dermatology, 2013). Son lien avec le diabète est établi tous types confondus : dans une étude israélienne portant sur 16 851 personnes atteintes de psoriasis, le diabète était plus fréquent qu'en l'absence de psoriasis (rapport de cotes 1,58 ; Cohen A.D. et al., JEADV, 2008). Pour le DT1 seul, les séries publiées sont petites et ne permettent pas d'avancer un pourcentage fiable. Le psoriasis est une maladie inflammatoire à médiation immunitaire, associée à des troubles métaboliques et cardiovasculaires (Davidovici B.B. et al., J Invest Dermatol, 2010). L'effet d'un traitement du psoriasis sur l'équilibre glycémique n'est pas démontré par ces études.
Psoriasis au quotidien avec un DT1
Psoriasis et DT1 : signaler le DT1 au dermatologue prescripteur (particulièrement pour les biothérapies et les immunosuppresseurs). Surveiller le CGM lors de l'introduction de tout nouveau traitement dermatologique systémique. Points pratiques : éviter les sites de plaques psoriasiques pour placer les capteurs CGM et les cathéters de pompe (adhérence réduite, risque infectieux). Privilégier les zones de peau saine pour les dispositifs.
✅ Le psoriasis sur l'abdomen ou les bras pose un vrai problème pratique quand on porte un capteur CGM ou une pompe : trouver des zones de peau saine devient un casse-tête, et l'adhérence en souffre. C'est un sujet qui revient souvent dans l'accompagnement, et il existe des solutions, du choix des zones aux pansements de maintien. Sur le plan glycémique, un psoriasis actif et sévère s'accompagne souvent de glycémies plus instables : l'inflammation générale y participe, ce qui est une raison de plus de le faire traiter correctement.
Psoriasis : questions fréquentes
Le psoriasis est-il plus fréquent chez les personnes DT1 ?
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C'est possible, mais ce n'est pas chiffré de façon fiable. Le lien entre psoriasis et diabète est établi tous types confondus (Cohen A.D. et al., JEADV, 2008), alors que les études propres au DT1 portent sur de petites séries. Un terrain auto-immun commun est évoqué. Le psoriasis entretient une inflammation que les chercheurs relient aux troubles métaboliques (Davidovici B.B. et al., 2010).
Les lésions de psoriasis perturbent-elles les capteurs CGM ?
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Les plaques de psoriasis actif créent une peau épaissie, desquamante et potentiellement inflammatoire, incompatible avec le port d'un capteur CGM ou d'un cathéter de pompe. Placer les dispositifs uniquement sur des zones de peau saine, non squameuse, non inflammatoire. En cas de psoriasis étendu, travailler avec le diabétologue pour identifier les zones disponibles.
Sources
Parisi R. et al. : Global epidemiology of psoriasis: a systematic review of incidence and prevalence (J Invest Dermatol, 2013) | Cohen A.D. et al. : Psoriasis and diabetes: a population-based cross-sectional study (J Eur Acad Dermatol Venereol, 2008) | Davidovici B.B. et al. : Psoriasis and systemic inflammatory diseases (J Invest Dermatol, 2010)
Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.
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