📖 Lexique DT1

Endométriose et diabète de type 1

Terminologie : endométriose et diabète, inflammation chronique DT1, douleur chronique et diabète

En bref

L'endométriose est une maladie inflammatoire chronique qui touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, selon l'OMS. Elle peut coexister avec le DT1 sans lien de causalité direct, mais l'inflammation chronique systémique de l'endométriose peut aggraver l'insulinorésistance. Les traitements hormonaux de l'endométriose (progestatifs, analogues LHRH) ont un impact variable sur la glycémie. Les douleurs chroniques augmentent le stress et le cortisol, impactant indirectement l'équilibre glycémique.

Endométriose, qu'est-ce que c'est ?

L'endométriose est une maladie gynécologique caractérisée par la présence de tissu endométrial (muqueuse utérine) en dehors de la cavité utérine, principalement sur le péritoine, les ovaires et les trompes. Elle provoque des douleurs pelviennes chroniques, des dysménorrhées (règles douloureuses), des dyspareunies (douleurs pendant les rapports) et une infertilité potentielle. C'est une maladie inflammatoire chronique, l'inflammation systémique qu'elle génère peut aggraver l'insulinorésistance et perturber l'équilibre glycémique des DT1.

Endométriose : le mécanisme

L'endométriose génère une inflammation pelvienne et systémique chronique (prostaglandines, IL-6, TNF-α élevés) → aggravation de l'insulinorésistance. Les traitements hormonaux de l'endométriose ont des effets variables sur la glycémie : les progestatifs de synthèse (diénogest/Visanne, noréthistérone) peuvent augmenter l'insulinorésistance ; les analogues LHRH (triptoréline/Décapeptyl) provoquent un état de ménopause artificielle → réduction des œstrogènes → impact possible sur la glycémie et la sensibilité à l'insuline. Les douleurs chroniques élèvent le cortisol → hyperglycémies de stress récurrentes.

Endométriose en chiffres

L'endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer dans le monde, selon l'OMS, soit 1,5 à 2,5 millions de femmes en France selon la Stratégie nationale de lutte contre l'endométriose (ministère de la Santé, 2022). Aucun lien n'a été établi avec le DT1. Pour le diabète de type 2, les études divergent : dans la grande cohorte d'infirmières américaines Nurses' Health Study II, l'endométriose n'était pas associée au DT2 après ajustement (Farland L.V. et al., Diabetologia, 2021), alors qu'une cohorte de près de 3 millions de femmes de l'Utah retrouve un risque augmenté de 46 % (Fuzak Nunziato M. et al., Diabetologia, 2026).

Endométriose au quotidien avec un DT1

Endométriose et DT1 : informer le gynécologue du DT1 lors de la prescription d'un traitement hormonal. Surveiller le CGM lors de l'introduction de tout nouveau traitement hormonal pour l'endométriose. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène) souvent utilisés pour les douleurs sont à éviter ou à utiliser avec prudence (risque rénal avec IEC). Préférer le paracétamol ou discuter avec le gynécologue des options antalgiques compatibles avec le DT1.

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ Les douleurs chroniques de l'endométriose ajoutent une couche de complexité au DT1. Les pics de douleur s'accompagnent souvent de montées glycémiques (stress → cortisol → hyperglycémie) qu'on a du mal à s'expliquer. Le lien mérite d'être fait clairement : c'est la douleur qui fait monter la glycémie, pas le matériel qui dysfonctionne. Autre point à vérifier avec le médecin ou le pharmacien : que les AINS pris contre les douleurs ne se cumulent pas avec un traitement par IEC ou ARA2, une association à risque pour les reins.

Endométriose : questions fréquentes

L'endométriose perturbe-t-elle les glycémies d'une femme DT1 ?

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Indirectement, oui. L'inflammation chronique de l'endométriose peut aggraver légèrement l'insulinorésistance. Les douleurs intenses provoquent un stress qui élève le cortisol → hyperglycémies récurrentes. Les traitements hormonaux de l'endométriose (progestatifs) peuvent aussi modifier la sensibilité à l'insuline. Une surveillance CGM renforcée lors de l'introduction de tout traitement pour l'endométriose est recommandée.

Les AINS pour les douleurs de l'endométriose sont-ils compatibles avec le DT1 ?

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À utiliser avec prudence. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène) sont souvent prescrits pour les douleurs de l'endométriose. Chez une femme DT1, ils présentent un risque rénal accru, particulièrement si elle est sous IEC ou ARA2 (néphroprotection) et en cas de déshydratation. Discuter avec son gynécologue et son diabétologue des alternatives antalgiques adaptées (paracétamol, traitements hormonaux de fond).

Sources

OMS : Endometriosis, aide-mémoire (2023) | Ministère de la Santé : Stratégie nationale de lutte contre l'endométriose (2022) | Farland L.V. et al. : A prospective study of endometriosis and risk of type 2 diabetes (Diabetologia, 2021) | Fuzak Nunziato M. et al. : Endometriosis subtypes and risk of type 2 diabetes (Diabetologia, 2026)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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