📖 Lexique DT1

Altitude et diabète de type 1

Terminologie : montagne et diabète, ski et insuline, altitude et CGM, trek DT1

En bref

L'altitude (> 2500 m) affecte les DT1 de plusieurs façons : le froid et l'altitude peuvent compliquer la lecture des appareils de mesure, les besoins en insuline peuvent changer pendant le séjour (tendance à la baisse jusqu'à 5 000 m, à la hausse au-delà, avec le mal des montagnes, dans une petite expédition), et l'effort physique intense en montagne provoque des hypoglycémies décalées (jusqu'à 12h après l'effort). Un contrôle au doigt avant les décisions thérapeutiques importantes est prudent en altitude.

Altitude, qu'est-ce que c'est ?

L'altitude représente un environnement physiologique particulier pour les DT1 pratiquant la randonnée, l'alpinisme ou le ski. Les changements physiologiques liés à l'altitude (hypoxie relative, effort physique intense, froid, alimentation modifiée) créent une combinaison de facteurs impactant la glycémie. Les capteurs CGM utilisant des électrodes enzymatiques (glucose oxydase) sont sensibles à la pression partielle en oxygène, en altitude, la réduction de la PaO2 peut affecter la précision des capteurs.

Altitude : le mécanisme

En altitude, plusieurs mécanismes interagissent. La réduction de la pression partielle en O2 a été soupçonnée de fausser les appareils à glucose-oxydase, mais sur 9 lecteurs capillaires testés en altitude simulée, aucun effet n'a été retrouvé (de Mol et al., PLoS One, 2010) ; pour les capteurs, aucune donnée ne permet de chiffrer un écart de glycémie. L'activité physique intense de montagne augmente la sensibilité à l'insuline pendant et après l'effort, risque d'hypoglycémie retardée jusqu'à 12h après une longue randonnée. Le froid (ski, alpinisme) peut retarder l'absorption sous-cutanée de l'insuline et réduire les performances des capteurs CGM (batterie et adhérence réduits par le froid).

Altitude en chiffres

Les données viennent surtout de petites expéditions. Chez 8 personnes DT1 montées au Meru puis au Kilimandjaro (de Mol et al., Diabetes Care, 2011), les doses d'insuline avaient tendance à baisser d'environ 14 % jusqu'à 5 000 m, avec une glycémie stable ; au-delà de 5 000 m, les besoins ne baissaient plus et la glycémie tendait à monter, en lien avec le mal aigu des montagnes. Sur le terrain, la plupart des lecteurs capillaires surestimaient légèrement la glycémie (de Mol et al., PLoS One, 2010). Pour les capteurs (FreeStyle Libre, Dexcom G6), les données publiées ne permettent pas de chiffrer un écart : d'où l'intérêt de confirmer au doigt une valeur surprenante avant d'agir.

Altitude au quotidien avec un DT1

Altitude et DT1 : • Au-dessus de 2 500 m : multiplier les contrôles capillaires, et ne jamais décider d'une grosse correction sur la seule lecture du capteur • Prévoir des glucides en plus pour les longues randonnées, en quantité à définir avec votre équipe • Ski : les jours d'effort intense, la basale est souvent réduite, un ajustement à préparer avec votre équipe ; surveiller les hypoglycémies nocturnes • Froid : protéger le capteur et la pompe sous les vêtements • Toujours garder des glucides rapides accessibles sans se déshabiller (une barre dans une poche extérieure, pas au fond du sac) • Ne jamais partir seul en randonnée en montagne quand on a des antécédents d'hypoglycémie sévère

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ Le ski et la randonnée en montagne reviennent chaque hiver et chaque été dans les questions qu'on me pose. Les points clés : anticiper une basale plus basse les jours d'effort intense, ce qui se prépare avec son équipe soignante et pas la veille du départ ; prévoir des glucides accessibles sans avoir à retirer ses gants ; et, le plus important, prévenir ses compagnons de course de son DT1 et leur montrer où se trouve le glucagon et comment s'en servir. Une hypoglycémie sévère en montagne peut être mortelle si les secours tardent.

Altitude : questions fréquentes

Le capteur CGM fonctionne-t-il normalement en altitude ?

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Pas toujours avec certitude. En altitude, le froid et la baisse d'oxygène ont été soupçonnés de fausser les capteurs à glucose-oxydase, mais aucune étude ne permet aujourd'hui de chiffrer un écart pour les capteurs actuels. Par prudence, confirmez au doigt une valeur surprenante avant toute décision thérapeutique importante (grosse correction, injection avant l'effort).

Comment adapter son insuline pour une semaine de ski ?

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Les jours de ski intensif, l'insuline basale est souvent réduite : l'ampleur de la réduction se fixe avec votre équipe, d'après vos propres courbes. Pendant les descentes, prévoir des collations régulières. Surveiller de près les glycémies de la nuit : les hypoglycémies retardées sont fréquentes après une journée de ski. Garder le capteur contre la peau, sous les sous-vêtements thermiques, pour le protéger du froid. Et pour les repas de montagne (raclette, fondue), savoir que les repas riches en graisses retardent le pic glycémique : l'adaptation des ratios se prépare avec votre équipe.

Sources

de Mol P. et al. : Physical activity at altitude, challenges for people with diabetes (Diabetes Care, 2014) | de Mol P. et al. : Increased insulin requirements during exercise at very high altitude in type 1 diabetes (Diabetes Care, 2011) | de Mol P. et al. : Accuracy of handheld blood glucose meters at high altitude (PLoS One, 2010)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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