Lexique DT1

Thérapie par cellules souches et diabète de type 1 : principe et premiers résultats chez l'humain

Terminologie : cellules souches DT1, stem cells diabète, thérapie cellulaire DT1, Vertex cellules souches, régénération cellules bêta

En bref

La thérapie par cellules souches vise à régénérer les cellules bêta détruites dans le DT1 à partir de cellules souches pluripotentes induites ou embryonnaires. C'est l'approche curative la plus avancée, avec des premiers résultats cliniques prometteurs chez l'humain depuis 2021.

Thérapie par cellules souches : c'est quoi, le principe ?

La thérapie par cellules souches représente la piste curative la plus prometteuse à ce jour dans le DT1. Le principe est élégant : transformer des cellules souches (capables de se différencier en n'importe quel type cellulaire) en cellules bêta fonctionnelles capables de produire de l'insuline, puis les transplanter dans le patient DT1. Contrairement à la transplantation d'îlots de donneurs décédés (limitée par la pénurie de donneurs), les cellules souches offrent une source illimitée de cellules bêta. L'obstacle principal reste l'immunosuppression nécessaire pour prévenir le rejet et la récurrence auto-immune.

Cellules iPS ou embryonnaires : les 2 pistes et le problème du rejet

2 types de cellules souches sont principalement étudiés. Les cellules souches pluripotentes induites (iPSC) : des cellules adultes (peau, sang) de la personne elle-même sont reprogrammées en cellules souches pluripotentes, puis différenciées en cellules bêta. Avantage : pas de rejet (cellules autologues). Inconvénient : la récurrence auto-immune peut détruire ces nouvelles cellules bêta. Les cellules souches embryonnaires, différenciées en îlots fonctionnels in vitro puis transplantées : c'est l'approche du zimislecel de Vertex (anciennement VX-880), la plus avancée cliniquement, qui nécessite une immunosuppression. Sa version encapsulée sans immunosuppression, le VX-264, a été arrêtée par Vertex en mars 2025, faute d'une production suffisante de peptide C.

Zimislecel (Vertex) : ce qu'a montré l'essai publié en 2025

Les premiers résultats publiés de la thérapie de Vertex, appelée zimislecel (anciennement VX-880), sont ceux d'un essai de phase 1-2 (Reichman T.W. et al., New England Journal of Medicine, 2025). Chez les 14 participants suivis au moins 12 mois, le peptide C, indétectable au départ, est devenu mesurable après la perfusion des cellules. Parmi les 12 qui avaient reçu la dose complète, tous étaient sans hypoglycémie sévère avec une HbA1c sous 7 %, et 10 n'utilisaient plus d'insuline injectée au 365e jour. Ces résultats portent sur très peu de personnes, sous traitement immunosuppresseur, avec un recul court : l'essai rapporte 2 décès (une méningite à cryptocoque et l'évolution d'une maladie neurocognitive préexistante) et des neutropénies graves chez 3 participants.

Thérapie par cellules souches au quotidien avec un DT1

La thérapie par cellules souches n'est pas encore disponible en dehors des essais cliniques. Pour suivre les avancées et potentiellement participer à des essais : clinicaltrials.gov (recherche 'stem cells type 1 diabetes'), le site de JDRF (jdrf.org) qui finance une grande partie de cette recherche, et les sites des principales équipes françaises impliquées (CHU de Nantes, Institut Cochin). Des programmes d'accès élargi aux essais les plus prometteurs pourraient ouvrir dans les prochaines années si les données de phase 3 confirment les résultats préliminaires.

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ La thérapie par cellules souches est à mes yeux la piste la plus enthousiasmante de la recherche sur le DT1. Mais je tiens à en donner une lecture réaliste, y compris quand la question m'est posée dans l'accompagnement : les premiers résultats sont impressionnants, sur un très petit nombre de personnes sélectionnées, sous immunosuppression lourde, et avec un recul court. La route vers un traitement accessible au plus grand nombre reste longue. Restez informés via la JDRF et clinicaltrials.gov, mais ne suspendez pas votre vie à une disponibilité prochaine. En attendant, les outils actuels permettent déjà beaucoup.

Thérapie par cellules souches : questions fréquentes

1La thérapie par cellules souches permettra-t-elle d'arrêter complètement l'insuline ?

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C'est l'objectif ultime, mais les obstacles restent importants. Dans l'essai de phase 1-2 du zimislecel (Reichman T.W. et al., NEJM, 2025), 10 des 12 participants ayant reçu la dose complète n'utilisaient plus d'insuline injectée au 365e jour : un résultat obtenu chez très peu de personnes, sous immunosuppression permanente, avec un recul court. La récurrence auto-immune (le même processus qui a détruit les cellules bêta d'origine s'attaquerait aux nouvelles) et la nécessité d'une immunosuppression à vie sont les 2 défis principaux. Des approches combinées (thérapie cellulaire et immunothérapie anti-auto-immune, ou cellules protégées sans immunosuppression) sont à l'étude.

2L'encapsulation des cellules bêta pourrait-elle éviter l'immunosuppression ?

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C'est l'une des pistes les plus prometteuses. L'encapsulation consiste à envelopper les cellules bêta transplantées dans une membrane semi-perméable qui les protège du système immunitaire (les anticorps et lymphocytes ne peuvent pas pénétrer) tout en permettant les échanges de glucose, d'insuline et de nutriments. Plusieurs entreprises (ViaCyte, encapsulation par alginate, dispositifs micro-encapsulés) travaillent sur cette approche. Les défis techniques restent importants (oxygénation des cellules encapsulées, fibrose autour du dispositif) mais les premiers essais chez l'humain montrent une survie partielle des cellules transplantées sans immunosuppression.

Sources

Reichman T.W. et al. : Stem cell-derived, fully differentiated islets for type 1 diabetes (N Engl J Med, 2025)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.