Immunothérapie et diabète de type 1
Terminologie : immunothérapie DT1, traitement auto-immunité diabète, prévention DT1 immunologie, anticorps monoclonaux DT1, abatacept teplizumab
En bref
L'immunothérapie du DT1 vise à freiner le processus auto-immun qui détruit les cellules bêta. Avant le diagnostic, seul le teplizumab a montré qu'il retardait le diabète déclaré, chez des personnes au stade 2 (Herold et al., NEJM, 2019) ; l'abatacept, testé au stade 1, ne l'a pas retardé de façon significative (Russell et al., Diabetes Care, 2023). Après le diagnostic, plusieurs molécules ralentissent temporairement la perte de sécrétion d'insuline, sans guérir la maladie : ces approches relèvent encore de la recherche.
Immunothérapie du DT1, qu'est-ce que c'est ?
Pendant des décennies, le DT1 était considéré comme irréversible une fois les cellules bêta détruites. L'émergence de l'immunothérapie change cette vision : si le processus auto-immun peut être ralenti ou stoppé suffisamment tôt, les cellules bêta résiduelles peuvent être préservées ou de nouvelles cellules bêta générées peuvent être protégées. Le teplizumab (anti-CD3) est la première avancée commercialisée, mais de nombreuses autres molécules sont en développement : abatacept (CTLA4-Ig), anti-IL-21, rituximab, veltuzumab, oraux (méthotrexate faible dose), et des approches d'immunotolérance par antigènes spécifiques.
Immunothérapie du DT1 : le mécanisme
Les cibles immunothérapeutiques dans le DT1 sont multiples. Les lymphocytes T CD8+ auto-réactifs : cibles du teplizumab (anti-CD3) qui induit leur anergie. Les lymphocytes B producteurs d'autoanticorps : cibles du rituximab (anti-CD20) qui les élimine. La co-stimulation T : cible de l'abatacept (CTLA4-Ig) qui bloque l'activation des lymphocytes T. Les cytokines pro-inflammatoires (IL-21, IL-1β) : cibles de plusieurs anticorps en développement. L'immunotolérance par antigènes de cellules bêta : administration de peptides d'insuline ou de GAD pour induire une tolérance spécifique.
Immunothérapie du DT1 en chiffres
L'essai TN-10 (teplizumab, Herold et al., NEJM 2019) a suivi 76 apparentés à haut risque, au stade 2 : le DT1 clinique est survenu après un délai médian de 48,4 mois sous teplizumab, contre 24,4 mois sous placebo. L'essai TrialNet de l'abatacept (Orban et al., Lancet, 2011) a montré, 2 ans après le diagnostic, une sécrétion résiduelle d'insuline (mesurée par le peptide C) supérieure de 59 % à celle du groupe placebo, soit environ 9,6 mois de retard dans son déclin. L'essai du rituximab (Pescovitz et al., NEJM 2009) a montré une meilleure préservation du peptide C à 1 an ; à 2 ans (Pescovitz et al., Diabetes Care, 2014), le déclin était parallèle à celui du placebo, simplement décalé de 8,2 mois. Selon les auteurs, ces traitements retardent la perte de la sécrétion d'insuline sans modifier le fond de la maladie, d'où l'intérêt pour des traitements répétés ou combinés.
Immunothérapie du DT1 au quotidien
Pour les personnes DT1 déjà diagnostiquées au stade clinique, l'immunothérapie reste expérimentale. Des essais combinant immunosuppression et thérapie cellulaire (cellules souches ou îlots encapsulés) sont en cours. Pour les personnes au stade 2 (au moins 2 auto-anticorps et une glycémie déjà perturbée, sans diabète déclaré), le teplizumab (Tzield aux États-Unis, Teizeild en Europe, Sanofi) a obtenu son autorisation européenne en janvier 2026, à partir de 8 ans, et bénéficie en France d'un accès précoce accordé par la HAS le 16 avril 2026 ; il s'administre à l'hôpital, en 14 perfusions quotidiennes. TrialNet, souvent cité, n'est pas implanté en France : le programme français de dépistage des apparentés s'appelle PRÊT1D.
✅ L'immunothérapie du DT1 est à mes yeux la vraie rupture de la décennie qui vient. On est passé de « rien à faire contre le processus auto-immun » à « on sait le ralentir ». La façon dont je le traduis aux personnes que j'accompagne : continuez à gérer votre diabète du mieux possible aujourd'hui, avec les outils d'aujourd'hui, tout en restant informés. Il est très probable que des traitements capables de modifier le cours de la maladie soient disponibles de votre vivant. Ce n'est pas une raison d'attendre, c'est une raison d'espérer.
Immunothérapie du DT1 : questions fréquentes
1L'immunothérapie peut-elle guérir un DT1 de longue durée ?
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Pas avec les approches actuelles. L'immunothérapie seule est plus efficace quand des cellules bêta résiduelles sont encore présentes (stade pré-symptomatique ou au moment du diagnostic). Après 10 à 15 ans de DT1, la quasi-totalité des cellules bêta est détruite, l'immunothérapie seule ne peut pas guérir ce qu'elle n'a plus à protéger. C'est pourquoi les approches combinées immunothérapie + thérapie cellulaire (protéger les nouvelles cellules bêta transplantées de la récurrence auto-immune) sont la piste curative la plus prometteuse pour les DT1 de longue durée.
2Y a-t-il des risques liés à l'immunothérapie dans le DT1 ?
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Oui. Toute immunothérapie comporte des risques liés à la modulation du système immunitaire. Selon le RCP européen du Teizeild (teplizumab), les effets indésirables les plus fréquents sont une baisse des globules blancs (lymphopénie chez 75 % des patients, leucopénie chez 58 %, neutropénie chez 37 %) et une éruption cutanée (36 %) ; l'effet indésirable grave le plus fréquent est le syndrome de relargage de cytokines (0,9 %). Des cas rares d'infections opportunistes ont été rapportés avec les immunosuppresseurs plus puissants (rituximab, abatacept). Ces risques se mettent en balance avec les bénéfices dans chaque situation, sous supervision médicale spécialisée. Les essais cliniques offrent le meilleur cadre pour évaluer ce rapport.
Sources
Herold K.C. et al. : An anti-CD3 antibody, teplizumab, in relatives at risk for type 1 diabetes (NEJM, 2019) | Orban T. et al. : Co-stimulation modulation with abatacept in patients with recent-onset type 1 diabetes (Lancet, 2011) | Pescovitz M.D. et al. : Rituximab, B-lymphocyte depletion, and preservation of beta-cell function (NEJM, 2009) | Pescovitz M.D. et al. : B-lymphocyte depletion with rituximab and β-cell function: two-year results (Diabetes Care, 2014)
Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.
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