SOPK et diabète de type 1
Terminologie : syndrome ovaires polykystiques et diabète, SOPK et insuline, syndrome de Stein-Leventhal DT1
En bref
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la pathologie endocrinienne la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer, et peut coexister avec le DT1. Le SOPK aggrave l'insulinorésistance déjà présente dans de nombreux DT1. Les cycles menstruels irréguliers du SOPK rendent les variations glycémiques cycliques difficiles à anticiper. La metformine est souvent utilisée dans le SOPK (non remboursée pour le DT1).
SOPK, qu'est-ce que c'est ?
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un syndrome endocrinien caractérisé par une combinaison variable de : oligoménorrhée ou aménorrhée (cycles irréguliers), hyperandrogénie (acné, hirsutisme, chute de cheveux), et aspect polykystique des ovaires à l'échographie. Sa prévalence est de 6 à 10 % des femmes en âge de procréer selon les critères diagnostiques retenus (Bozdag G. et al., Human Reproduction, 2016). L'insulinorésistance est au cœur de sa physiopathologie, ce qui en fait un terrain difficile à gérer dans le DT1 où l'insulinorésistance peut déjà être présente. La co-occurrence DT1 + SOPK est une 'double difficulté' endocrinienne.
SOPK : le mécanisme
Dans le SOPK, l'hyperinsulinisme (lié à l'insulinorésistance) stimule la production d'androgènes ovariens → hyperandrogénie → perturbation de l'ovulation → cycles irréguliers. Pour une femme DT1 avec SOPK, les cycles irréguliers signifient des variations glycémiques cycliques imprévisibles (la progestérone de la phase lutéale augmente l'insulinorésistance). L'insulinorésistance du SOPK aggrave celle déjà présente chez les DT1 en surpoids, nécessitant des doses d'insuline plus importantes.
SOPK en chiffres
Une méta-analyse de 9 études (475 femmes) estime la prévalence du SOPK à 24 % chez les femmes DT1 (Escobar-Morreale H.F. et al., Diabetes Care, 2016) ; une méta-analyse plus récente de 19 études trouve 26 % avec les critères les plus larges, soit environ 1 femme DT1 sur 4 (Bayona A. et al., Human Reproduction Update, 2022). En population générale, la prévalence est de 6 à 10 % selon les critères utilisés (Bozdag G. et al., Human Reproduction, 2016). Dans une étude de Codner E. et al. (Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2006), 40,5 % des femmes DT1 avaient un SOPK contre 2,6 % des témoins, plus souvent sous traitement intensif par insuline.
SOPK au quotidien avec un DT1
SOPK et DT1 : signaler le DT1 au gynécologue lors du diagnostic de SOPK (et vice versa). Tenir un carnet des cycles et des glycémies pour identifier les variations liées aux phases hormonales. Envisager une contraception hormonale adaptée avec l'avis conjoint du gynécologue et du diabétologue. La metformine est utilisée dans le SOPK pour réduire l'insulinorésistance, chez une femme DT1+SOPK, elle peut avoir un double intérêt. La perte de poids améliore les deux pathologies.
✅ Le syndrome des ovaires polykystiques est bien plus fréquent chez les femmes vivant avec un DT1 que ce que la prévalence en population générale laisserait attendre, et il reste largement sous-repéré. Le signal qui doit y faire penser : des glycémies très variables selon la période du cycle, sans autre explication. Si ce tableau vous parle, c'est une piste à évoquer avec votre gynécologue et votre diabétologue ensemble : c'est typiquement une situation où les deux spécialités doivent se parler, et où c'est trop souvent à la personne concernée de faire le lien.
SOPK : questions fréquentes
Le SOPK est-il plus fréquent chez les femmes DT1 ?
▼
Oui. Environ 1 femme DT1 sur 4 a un SOPK : 24 % dans la méta-analyse d'Escobar-Morreale H.F. et al. (Diabetes Care, 2016), 26 % dans celle de Bayona A. et al. (Human Reproduction Update, 2022), contre 6 à 10 % en population générale (Bozdag G. et al., 2016). Le mécanisme n'est pas établi : Codner E. et al. ont observé une association avec le traitement intensif par insuline (2006), et l'une des hypothèses évoquées est que l'insuline injectée stimule la production ovarienne d'androgènes. Toute femme DT1 avec cycles irréguliers, acné ou hirsutisme peut en parler à son médecin.
Comment le SOPK affecte-t-il les glycémies d'une femme DT1 ?
▼
De deux façons : l'insulinorésistance du SOPK augmente les besoins globaux en insuline, et les cycles irréguliers du SOPK rendent les variations glycémiques cycliques imprévisibles (la progestérone en phase lutéale augmente l'insulinorésistance mais si les cycles sont irréguliers, ce pic est difficile à anticiper). Un CGM avec observation des tendances cycliques est particulièrement utile.
Sources
Escobar-Morreale H.F. et al. : Type 1 Diabetes and Polycystic Ovary Syndrome: Systematic Review and Meta-analysis (Diabetes Care, 2016) | Bayona A. et al. : Prevalence of PCOS and related hyperandrogenic traits in premenopausal women with type 1 diabetes (Hum Reprod Update, 2022) | Bozdag G. et al. : The prevalence and phenotypic features of polycystic ovary syndrome (Hum Reprod, 2016) | Codner E. et al. : Diagnostic criteria for polycystic ovary syndrome and ovarian morphology in women with type 1 diabetes mellitus (J Clin Endocrinol Metab, 2006)
Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.
Termes liés
Accompagnement DT1
Accompagnement individuel par un infirmier, lui-même diabétique de type 1.
Découvrir l'accompagnement →