📖 Lexique DT1

ARA2 et diabète de type 1

Terminologie : sartans, Cozaar, Aprovel, losartan, valsartan, antagonistes angiotensine

En bref

Les ARA2 (losartan/Cozaar, irbesartan/Aprovel, valsartan) sont l'alternative aux IEC quand ceux-ci sont mal tolérés (toux sèche). KDIGO (2022) les place au même rang que les IEC chez la personne diabétique avec microalbuminurie, mais dans le DT1, les preuves de protection rénale portent surtout sur les IEC. Même précaution : l'association avec des AINS (ibuprofène) est à éviter, surtout en cas de déshydratation. Leur cible est la tension et le rein, pas la glycémie.

ARA2, qu'est-ce que c'est ?

Les antagonistes des récepteurs à l'angiotensine II (ARA2), aussi appelés sartans, bloquent directement le récepteur AT1 de l'angiotensine II. Leur effet antihypertenseur et rénoprotecteur est proche de celui des IEC, mais ils agissent plus en aval dans le système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA). En France, les principaux ARA2 sont le losartan (Cozaar), l'irbesartan (Aprovel), le valsartan (Tareg, Nisis), le candésartan (Atacand) et le telmisartan (Micardis). Ils provoquent beaucoup plus rarement une toux sèche : c'est leur principal avantage par rapport aux IEC.

ARA2 : le mécanisme

Même que les IEC sur la pression intraglomérulaire : blocage des effets vasoconstricteurs de l'angiotensine II sur l'artériole efférente → baisse de la pression glomérulaire → réduction de la protéinurie et néphroprotection. Le mécanisme est proche de celui des IEC mais plus spécifique du récepteur AT1, sans accumulation de bradykinine (ce qui explique que la toux soit beaucoup plus rare). Les notices précisent que les IEC et les ARA II ne doivent pas être associés chez les personnes atteintes de néphropathie diabétique (risque d'hypotension, d'hyperkaliémie et d'insuffisance rénale aiguë).

ARA2 en chiffres

L'étude IRMA 2 (Parving, NEJM, 2001) portait sur 590 personnes DT2 hypertendues avec microalbuminurie : sur 2 ans, l'irbésartan à 300 mg par jour a réduit de 70 % le passage à la néphropathie diabétique par rapport au placebo ; à 150 mg, la réduction (39 %) n'était pas significative. Cet effet était indépendant de la baisse de tension. Dans le DT1, les preuves de protection rénale portent surtout sur les IEC. La toux sèche, effet indésirable des IEC décrit dans leurs notices, est la raison principale du passage à un ARA2.

ARA2 au quotidien avec un DT1

ARA2 et DT1 : même surveillance que les IEC (fonction rénale et kaliémie en début de traitement, puis au rythme fixé par le médecin). Même précaution : l'association avec des AINS, surtout en cas de déshydratation, est à éviter. Le passage d'un IEC à un ARA2 se fait selon les consignes du médecin. IEC et ARA2 ne s'associent pas : les notices l'excluent en cas de néphropathie diabétique, et ailleurs le réservent aux cas absolument nécessaires, sous la surveillance d'un spécialiste.

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ Les ARA2 sont l'alternative aux IEC quand la toux sèche s'installe. Le point qui se perd exactement au moment du changement : passer d'un IEC à un sartan ne change rien au risque rénal en cas d'AINS. Ibuprofène plus déshydratation reste la même association à éviter, avant comme après. C'est typiquement ce qu'on apprend à surveiller en tant qu'infirmier, et que personne ne pense à répéter quand l'ordonnance change.

ARA2 : questions fréquentes

Quelle est la différence entre IEC et ARA2 pour un DT1 ?

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Les recommandations KDIGO (2022) placent les IEC (ramipril, périndopril) et les ARA2 (losartan, irbesartan) au même rang chez la personne diabétique avec microalbuminurie ; dans le DT1, les preuves de protection rénale portent surtout sur les IEC. La différence principale est la tolérance : les IEC peuvent causer une toux sèche, décrite dans leurs notices, beaucoup plus rarement les ARA2. On commence souvent par un IEC et l'on passe à un ARA2 en cas de toux, sur décision du médecin.

Peut-on combiner IEC et ARA2 pour mieux protéger les reins ?

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Non. Les notices précisent que les IEC et les ARA II ne doivent pas être associés chez les personnes atteintes de néphropathie diabétique. Selon ces notices, le double blocage du système rénine-angiotensine-aldostérone augmente le risque d'hypotension, d'hyperkaliémie et d'insuffisance rénale aiguë par rapport à l'un d'eux utilisé seul. Le médecin choisit l'un ou l'autre, jamais l'association.

Sources

Parving H.H. et al. : The effect of irbesartan on the development of diabetic nephropathy in patients with type 2 diabetes, IRMA 2 (NEJM, 2001) | KDIGO 2022 : Clinical Practice Guideline for Diabetes Management in CKD | Notice de Coversyl, rubriques 4.4 et 4.5 (base de données publique des médicaments)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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