📖 Lexique DT1

Oméprazole et diabète de type 1

Terminologie : IPP, inhibiteurs pompe à protons, Mopral, Inexium, Inipomp, pantoprazole

En bref

L'oméprazole et les autres IPP (Mopral, Inexium, Inipomp) sont très prescrits : plus de 16 millions de personnes traitées en France en 2019, dont plus de la moitié sans justification selon la HAS (2022). En prévention, un IPP ne se justifie qu'avec un AINS et en présence de facteurs de risque. Les IPP n'ont pas d'effet direct sur la glycémie. En usage prolongé, leur notice signale un risque de baisse du magnésium et de l'absorption de la vitamine B12.

Oméprazole, qu'est-ce que c'est ?

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) bloquent l'ATPase H+/K+ de l'estomac et réduisent fortement la sécrétion d'acide. Ils sont utilisés dans le reflux gastro-œsophagien, les ulcères gastroduodénaux et, en prévention, avec un AINS chez les personnes à risque de complication digestive (65 ans et plus, antécédent d'ulcère, association à un antiagrégant, un corticoïde ou un anticoagulant), selon la HAS (2022). Les principaux représentants en France sont l'oméprazole (Mopral, Zoltum), l'ésoméprazole (Inexium), le pantoprazole (Inipomp, Eupantol), le lansoprazole (Lanzor) et le rabéprazole (Pariet).

Oméprazole : le mécanisme

Les IPP n'ont pas d'effet direct sur la glycémie ni sur la sensibilité à l'insuline. Leur intérêt pour un DT1 est indirect. En cas de gastroparésie diabétique, ils peuvent soulager un reflux associé, sans traiter la gastroparésie elle-même. En usage prolongé, leur notice signale 2 effets : des baisses du magnésium sanguin, rapportées après au moins 3 mois de traitement et le plus souvent après 1 an, et une moindre absorption de la vitamine B12, à prendre en compte chez les personnes dont les réserves sont faibles.

Oméprazole en chiffres

En 2019, plus de 16 millions de personnes, environ un quart de la population française, ont été traitées par un IPP, et plus de la moitié de ces usages ne serait pas justifiée (HAS, 2022). Une méta-analyse de 9 études observationnelles (Cheungpasitporn, Renal Failure, 2015) associe la prise d'IPP à un risque de baisse du magnésium sanguin (hypomagnésémie) multiplié par 1,43. Dans une étude cas-témoins menée chez Kaiser Permanente (Lam, JAMA, 2013), 2 ans ou plus d'IPP étaient associés à un risque de carence en vitamine B12 multiplié par 1,65.

Oméprazole au quotidien avec un DT1

Oméprazole et DT1 : pas d'adaptation de l'insuline nécessaire. En cas de traitement prolongé, la notice demande d'envisager un dosage du magnésium avant le traitement puis régulièrement, et signale le risque de baisse de la vitamine B12 ; le rythme de ces contrôles se décide avec votre médecin, qui réévalue aussi l'intérêt de poursuivre l'IPP (HAS, 2022). En cas de gastroparésie diabétique, les IPP peuvent soulager le reflux associé mais ne traitent pas la gastroparésie. Le métoclopramide et la dompéridone ne sont plus autorisés dans cette indication en Europe (EMA, 2013 et 2014).

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ Les IPP sont souvent prescrits par habitude, notamment avec les corticoïdes, alors que la HAS (2022) ne justifie l'IPP de prévention qu'avec un AINS et des facteurs de risque. Beaucoup de personnes DT1 prennent de l'oméprazole depuis des années sans réévaluation : c'est une question qui revient souvent. Si c'est votre cas, demandez à votre médecin si l'IPP est encore utile, et si un dosage du magnésium et de la vitamine B12 est à prévoir lors de votre bilan annuel DT1.

Oméprazole : questions fréquentes

L'oméprazole modifie-t-il la glycémie d'un DT1 ?

▼

Non, l'oméprazole et les autres IPP n'ont pas d'effet direct sur la glycémie ni sur les besoins en insuline. Leur impact sur le DT1 est indirect et lié à l'usage prolongé : leur notice signale un risque de baisse du magnésium et de l'absorption de la vitamine B12. Le suivi biologique éventuel se décide avec votre médecin.

Peut-on prendre de l'oméprazole pendant une cure de cortisone pour un DT1 ?

▼

Oui, si le médecin le juge utile, mais ce n'est pas systématique. Selon la HAS (2022), un IPP de prévention ne se justifie qu'avec un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) et en présence de facteurs de risque, dont l'association à un corticoïde : une cure de cortisone seule n'en demande pas forcément. L'oméprazole n'a pas d'effet connu sur l'action de l'insuline. Sa notice indique de prendre la gélule le matin, avalée entière avec un demi-verre d'eau.

Sources

HAS : Bon usage des inhibiteurs de la pompe à protons (fiche validée le 8 septembre 2022) | Notice de Mopral 20 mg (base de données publique des médicaments) | Cheungpasitporn W. et al. : Proton pump inhibitors linked to hypomagnesemia (Renal Failure, 2015) | Lam J.R. et al. : PPI and H2RA use and vitamin B12 deficiency (JAMA, 2013) | EMA : métoclopramide (2013) et dompéridone (2014)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

Accompagnement DT1

Accompagnement individuel par un infirmier, lui-même diabétique de type 1.

Découvrir l'accompagnement →

Formation DT1

Rejoignez le campus pour devenir acteur de votre diabète.

Découvrir notre Académie →