📖 Lexique DT1

Cortisone et diabète de type 1

Terminologie : corticoïdes, glucocorticoïdes, corticostéroïdes, corticothérapie

En bref

Les corticoïdes (cortisone, prednisone, dexaméthasone) font monter la glycémie chez les DT1 (hyperglycémie), avec un profil typique après une prise le matin : glycémie peu modifiée au réveil, montée à partir de la fin de matinée, hausse jusqu'au soir, puis retour souvent proche de la valeur de départ le lendemain matin (guide britannique JBDS, 2022). L'adaptation des doses d'insuline se prévoit avec le médecin dès la première prise : le guide JBDS propose des paliers de 10 à 20 % par jour selon les glycémies, parfois 40 % ou plus, et c'est votre diabétologue qui fixe les chiffres.

Cortisone, qu'est-ce que c'est ?

Les corticoïdes sont des médicaments dérivés du cortisol, une hormone naturelle sécrétée par les glandes surrénales. Ils sont utilisés comme anti-inflammatoires puissants dans de nombreuses pathologies : maladies auto-immunes, allergies sévères, pathologies inflammatoires, chimiothérapies, greffes d'organes. Ils existent sous formes orales (prednisone/Cortancyl, prednisolone/Solupred), injectables (Diprostène, Kenacort), en infiltrations articulaires, et inhalées (Flixotide, Pulmicort). Selon le RCP de Solupred, lorsque la corticothérapie est indispensable, le diabète n'est pas une contre-indication : c'est une situation qui demande une adaptation de l'insuline.

Cortisone : le mécanisme

Les corticoïdes provoquent une hyperglycémie par 3 mécanismes. D'abord, stimulation de la néoglucogenèse hépatique : le foie produit plus de glucose à partir des acides aminés et du glycérol. Ensuite, insulinorésistance périphérique : les muscles et le tissu adipeux répondent moins bien à l'insuline. Enfin, inhibition de la sécrétion d'insuline pancréatique (effet mineur en DT1, où la sécrétion résiduelle est quasi nulle). Le profil glycémique suit l'action des corticoïdes oraux : selon le guide britannique JBDS (2022), une prise matinale de prednisolone fait monter la glycémie dès la fin de matinée, la hausse se poursuit jusqu'au soir, puis la glycémie redescend la nuit, souvent jusqu'à sa valeur de départ le lendemain matin. Le même guide donne à la prednisolone une durée d'action de 16 à 36 heures, proche de celle de la prednisone, qui en est le précurseur.

Cortisone en chiffres

Les chiffres publiés portent surtout sur des personnes non DT1. Une méta-analyse citée par le guide britannique JBDS (Suh et al.) retrouve une hyperglycémie chez 32,3 % des personnes traitées par glucocorticoïdes et un diabète induit chez 18,6 %. Chez les personnes déjà sous insuline, le guide propose d'augmenter les doses (basale ou insuline des repas, selon le schéma) par paliers de 10 à 20 % par jour, en notant que certaines personnes ont besoin de 40 % ou plus ; les chiffres qui vous concernent sont fixés par votre diabétologue. Après une infiltration, une revue de 7 études (Choudhry et al., JBJS Reviews, 2016, 72 patients diabétiques) montre une hausse de la glycémie dans toutes les études, le plus souvent dans les 24 à 72 heures.

Cortisone au quotidien avec un DT1

Sous corticoïdes oraux pris le matin, la surveillance porte surtout sur l'après-midi et le soir : c'est là que le guide britannique JBDS (2022) conseille de mesurer la glycémie, avant ou après le déjeuner ou le dîner. Les ajustements (basale, bolus de correction) se décident avec votre diabétologue, qui fixe les chiffres ; ils se réduisent au rythme de la baisse des corticoïdes, pour éviter les hypoglycémies, en particulier la nuit et au petit matin. Dans le DT1, le même guide demande de rechercher les cétones quand la glycémie dépasse 12 mmol/L (environ 2,15 g/L). Après une infiltration, la glycémie se surveille de près pendant plusieurs jours. Dans tous les cas, prévenez votre diabétologue dès qu'on vous prescrit des corticoïdes.

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ Le profil glycémique sous cortisone est caractéristique, au point qu'on le reconnaît au premier coup d'œil : matin presque normal, montée progressive dans la journée, pic vers 16 à 18 heures, parfois 3 à 4 g/L (300 à 400 mg/dL, 16,7 à 22,2 mmol/L). C'est impressionnant, et c'est prévisible. Le message qui compte : ne pas attendre d'avoir des glycémies catastrophiques pour en parler. Dès la première prise, signalez à votre médecin que vous êtes DT1, pour que l'adaptation soit anticipée et non rattrapée. Les personnes que j'accompagne me disent souvent que c'est le fait de savoir à quoi s'attendre qui a tout changé.

Cortisone : questions fréquentes

Combien de temps la cortisone fait-elle monter la glycémie d'un DT1 ?

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Après une prise orale le matin, la hausse commence en fin de matinée et se prolonge jusqu'au soir ; la glycémie redescend ensuite la nuit, souvent jusqu'à sa valeur de départ le lendemain matin (guide britannique JBDS, 2022). À l'arrêt, l'effet disparaît selon la même logique ; sa durée exacte dépend de la molécule (16 à 36 heures d'action pour la prednisolone, selon ce guide), de la dose et de la durée du traitement. Pour une infiltration articulaire (Diprostène, Kenacort), une revue de 7 études (Choudhry et al., JBJS Reviews, 2016) situe le plus souvent la hausse dans les 24 à 72 heures, parfois plus longtemps.

Doit-on augmenter son insuline pendant une cure de cortisone ?

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Le plus souvent, oui, et l'adaptation dépend de la dose et de la durée de la corticothérapie. Chez une personne déjà sous insuline, le guide britannique JBDS (2022) propose d'augmenter l'insuline (basale ou insuline des repas, selon le schéma) par paliers de 10 à 20 % par jour en fonction des glycémies de fin de journée, certaines personnes ayant besoin de 40 % ou plus ; il rappelle aussi de réduire l'insuline au rythme de la baisse des corticoïdes. Ces chiffres sont des repères de guide, pas une consigne : c'est votre diabétologue qui fixe les vôtres. Ne modifiez pas votre traitement seul, sans suivi.

Sources

Clore J.N. & Thurby-Hay L. : Glucocorticoid-induced hyperglycemia (Endocr Pract, 2009) | JBDS-IP : Management of Hyperglycaemia and Steroid (Glucocorticoid) Therapy (révision de juin 2022) | Choudhry M.N. et al. : Blood Glucose Levels Following Intra-Articular Steroid Injections in Patients with Diabetes (JBJS Rev, 2016) | RCP de Solupred (ANSM)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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