📖 Lexique DT1

Activité aérobie vs anaérobie et glycémie

Terminologie : sport aérobie anaérobie DT1, endurance musculation glycémie, exercice intensité glycémie, aérobie hypoglycémie anaérobie hyperglycémie

En bref

L'activité aérobie (endurance, intensité modérée) fait généralement baisser la glycémie par consommation musculaire de glucose. L'activité anaérobie (effort intense et court, musculation) peut la faire monter transitoirement via la décharge d'adrénaline. Ces effets opposés nécessitent des stratégies d'adaptation différentes.

Activité aérobie vs anaérobie et glycémie, qu'est-ce que c'est ?

La distinction aérobie/anaérobie est fondamentale pour comprendre et prédire la réponse glycémique à l'exercice dans le DT1. Un même individu peut voir sa glycémie chuter de 0,80 g/L (80 mg/dL, 4,4 mmol/L) pendant une heure de vélo (aérobie) et monter de 0,50 g/L (50 mg/dL, 2,8 mmol/L) pendant 20 minutes de sprint (anaérobie). Cette différence tient aux mécanismes énergétiques sollicités et aux hormones mobilisées. Comprendre cette distinction permet d'anticiper la réponse glycémique et d'adapter la gestion insulinique avant, pendant et après chaque type d'effort.

Activité aérobie vs anaérobie et glycémie : le mécanisme

Lors de l'effort aérobie (< 60% VO2max, fibres lentes, système oxydatif) : la demande en glucose est élevée et progressive, les transporteurs GLUT-4 musculaires sont activés de façon insulino-indépendante (consommation musculaire sans besoin d'insuline), la sensibilité à l'insuline augmente et peut rester élevée jusqu'à 48h après. Résultat : la glycémie baisse pendant et après l'effort. Lors de l'effort anaérobie (> 80% VO2max, fibres rapides, glycolyse) : la décharge d'adrénaline et de cortisol stimule la glycogénolyse hépatique et inhibe la sécrétion d'insuline, augmentant transitoirement la glycémie. Résultat : pic glycémique pendant l'effort, normalement suivi d'une descente dans les heures qui suivent.

Activité aérobie vs anaérobie et glycémie en chiffres

Chez 7 hommes DT1 (Bussau et al., Diabetes Care, 2006), 20 minutes de vélo à intensité modérée ont fait baisser la glycémie d'environ 0,55 à 0,65 g/L (55 à 65 mg/dL, 3,1 à 3,6 mmol/L) ; un sprint maximal de 10 secondes en fin de séance a empêché la poursuite de la baisse pendant les 120 minutes suivantes, alors que sans sprint la glycémie a encore baissé d'environ 0,65 g/L. Chez 12 hommes DT1 (Bally et al., Diabetologia, 2016), 90 minutes de vélo à 50 % de la VO2max entrecoupées de sprints de 10 secondes toutes les 10 minutes ont demandé moins de glucose pour éviter l'hypoglycémie que le même effort continu. Ce sont de petits essais : la réponse de chacun reste à observer sur son propre capteur.

Activité aérobie vs anaérobie et glycémie au quotidien avec un DT1

Stratégies pratiques par type d'activité. Aérobie de plus de 30 minutes : les recommandations internationales sur le sport proposent généralement de réduire le bolus du repas précédent de 25 à 50 % et, sur pompe, d'abaisser le débit de base à 50 à 70 % environ 90 minutes avant, pour démarrer avec une glycémie entre 1,20 et 1,80 g/L (120 à 180 mg/dL, 6,7 à 10 mmol/L). Anaérobie et fractionné : une glycémie de départ entre 1,20 et 2,50 g/L (120 à 250 mg/dL, 6,7 à 13,9 mmol/L) est acceptable (l'hyperglycémie transitoire ne se corrige pas pendant l'effort), et la descente qui suit se surveille dans les 2 heures. Activité mixte (course avec sprints, sports collectifs) : prévoir des glucides rapides, surveiller le capteur pendant l'effort, et anticiper un débit basal nocturne plus bas. Les pourcentages exacts se fixent avec votre équipe, d'après votre propre réponse à l'effort.

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ Avec le DT1 et le sport, la leçon la plus importante que j'ai tirée de ma propre expérience tient en une phrase : chaque personne a sa réponse glycémique à chaque type d'effort, et les règles générales ne sont que des points de départ. Tenir un journal sportif avec son CGM pendant 4 à 6 semaines est ce qui m'a le plus appris sur moi. À quel sport ma glycémie descend-elle vraiment ? Avec lequel monte-t-elle ? À quelle heure les hypoglycémies d'après effort arrivent-elles ? C'est ce profil personnel, et lui seul, qui permet ensuite d'anticiper avec son équipe soignante. C'est aussi le premier travail qu'on fait ensemble dans l'accompagnement.

Activité aérobie vs anaérobie et glycémie : questions fréquentes

1Comment gérer une hypo qui survient pendant un effort aérobie prolongé ?

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Dès que la glycémie descend sous 1,00 g/L (100 mg/dL, 5,6 mmol/L) pendant l'effort ou que la flèche CGM est ↓↓, prendre 15 à 20g de glucides rapides immédiatement. Les gels énergétiques (type GU Energy, Maurten Gel), les boissons sportives sucrées ou les gommes glucidiques sont les formes les plus pratiques pendant un effort. Marquer une pause de 10 à 15 minutes pour laisser le temps aux glucides d'agir. Si la glycémie ne remonte pas ou si les symptômes persistent, arrêter l'activité. Ne pas reprendre l'effort si la glycémie est < 1,20 g/L, attendre la remontée confirmée sur CGM.

2Peut-on faire du sport avec une glycémie élevée dans le DT1 ?

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Cela dépend du niveau et de la présence de cétones. Selon la prise de position de l'American Diabetes Association sur l'activité physique (Colberg S.R. et al., Diabetes Care, 2016), une glycémie au-dessus de 2,50 g/L impose d'abord de rechercher les cétones : l'exercice est à reporter si la cétonémie atteint 1,5 mmol/L ou plus, ou si les cétones urinaires sont modérées à fortes, car la glycémie et la cétogenèse peuvent encore augmenter, même avec une activité légère. Sans cétones, un effort d'intensité légère à modérée reste possible. Les efforts intenses (sprints, musculation lourde) sont en revanche à différer tant que la glycémie reste au-dessus de 2,50 g/L : ils peuvent la faire monter davantage, pas la faire baisser. Une éventuelle correction d'insuline avant l'effort se décide selon le protocole établi avec votre équipe.

Sources

Riddell M.C. et al. : Exercise management in type 1 diabetes, a consensus statement (Lancet Diabetes & Endocrinology, 2017) | Bussau V.A. et al. : The 10-s maximal sprint, a novel approach to counter an exercise-mediated fall in glycemia (Diabetes Care, 2006) | Bally L. et al. : Metabolic and hormonal response to intermittent high-intensity and continuous moderate intensity exercise in type 1 diabetes (Diabetologia, 2016)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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