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Complications du diabète de type 1 : les examens de dépistage et à quelle fréquence les faire

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Nicolas Zeghmati
1 janvier 2026
11 min de lecture
Illustration du dépistage des complications du diabète de type 1 : examen des yeux, bilan rénal et examen des pieds.
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Ce qu'il faut retenir, en une phrase
Les complications du diabète de type 1 commencent sans se faire sentir, et c'est précisément pourquoi on les cherche avant qu'elles ne parlent. Un bilan rénal et un examen des yeux au moins une fois par an, un examen des pieds, et une HbA1c deux à quatre fois par an : ce calendrier est l'essentiel de la prévention.
⚡ L'essentiel en 30 secondes
  • ●Pourquoi dépister : les premières atteintes des yeux, des reins et des nerfs ne provoquent aucun symptôme. Quand la gêne arrive, on a perdu des années d'avance.
  • ●Les yeux : un examen ophtalmologique avec fond d'œil, en général une fois par an, selon le rythme fixé par votre médecin.
  • ●Les reins : un bilan rénal au moins une fois par an, avec deux dosages, l'albumine dans les urines et la créatinine dans le sang.
  • ●Les pieds : un examen de la sensibilité et de la circulation, qui détermine votre niveau de risque et donc le suivi qui en découle.
  • ●Ce que ce dépistage ne fait pas : il ne remplace pas l'équilibre glycémique, il le complète. Et aucun examen listé ici ne se décide sans votre médecin.

Le mot revient à chaque consultation, et il fait peur : les complications. On nous parle d'yeux, de reins, de nerfs, de pieds, souvent au moment du diagnostic, quand on est le moins en état de l'entendre. Beaucoup en gardent une angoisse diffuse et une seule conclusion : il faudrait mieux s'équilibrer.

C'est vrai, et c'est insuffisant. Parce qu'à côté de l'équilibre, il y a une deuxième moitié du travail dont on parle beaucoup moins : chercher, régulièrement, ce qui ne se sent pas encore. C'est de cette moitié-là que parle cet article.

Pourquoi on dépiste au lieu d'attendre les symptômes

Les atteintes liées au diabète ont un point commun désagréable : elles commencent en silence. Une rétinopathie débutante ne trouble pas la vue. Une néphropathie qui démarre ne fait pas mal. Une neuropathie peut au contraire faire perdre des sensations, ce qui se remarque encore moins.

Le jour où l'on ressent quelque chose, le processus est souvent installé depuis longtemps. C'est toute la logique du dépistage : on ne cherche pas une maladie qu'on soupçonne, on regarde à intervalle régulier chez quelqu'un qui va bien, pour agir tant qu'il est tôt.

Et c'est une bonne nouvelle déguisée. À un stade précoce, ces atteintes se surveillent, se freinent et se traitent bien mieux qu'une fois symptomatiques. Le rendez-vous qu'on repousse parce qu'on se sent en forme est exactement celui qui sert à quelque chose.

Les yeux : le fond d'œil

C'est l'examen le plus connu, et le plus souvent repoussé. L'ophtalmologiste regarde le fond de l'œil, directement ou par une photographie de la rétine appelée rétinographie, pour repérer les toutes premières anomalies des petits vaisseaux.

La fréquence habituelle est d'une fois par an, selon le rythme que fixe votre médecin. Certaines situations le rapprochent, par exemple une grossesse ou une anomalie déjà repérée.

Ce qu'il faut savoir avant d'y aller : la pupille est souvent dilatée par des gouttes, la vision reste floue une à deux heures, et il vaut mieux ne pas repartir en conduisant. C'est le genre de détail qui fait annuler un rendez-vous au dernier moment quand on ne l'a pas anticipé. Voir la fiche fond d'œil et rétinographie.

Les reins : deux dosages, une fois par an

Le dépistage rénal est recommandé au moins une fois par an, et il tient en deux mesures complémentaires.

Ce que cherchent les deux dosages

  • ●L'albumine dans les urines. La présence d'une petite quantité d'albumine, appelée microalbuminurie, est le premier signe que le filtre rénal laisse passer ce qu'il devrait retenir. C'est le signal le plus précoce dont on dispose.
  • ●La créatinine dans le sang. Elle permet de calculer le débit de filtration, c'est-à-dire la fonction rénale globale. Les deux se lisent ensemble, jamais séparément.
  • ●Un résultat isolé ne suffit pas. Une albuminurie peut monter passagèrement après un effort intense, une fièvre ou une infection urinaire. C'est la répétition qui compte, et c'est votre médecin qui l'interprète.

Les pieds : l'examen qu'on oublie le plus

C'est le parent pauvre du suivi, et sans doute le plus injuste, parce que c'est là que la prévention change le plus de choses.

L'examen est simple et indolore : le soignant vérifie la sensibilité, souvent avec un petit filament que l'on pose sur la peau, et la circulation en cherchant les pouls du pied. L'objectif est de savoir si vous sentez normalement vos pieds. Quand la sensibilité diminue, une petite plaie peut passer inaperçue et s'aggraver sans prévenir, ce qui est le mécanisme du pied diabétique.

De cet examen découle un niveau de risque, et de ce niveau découle la prise en charge : au-delà d'un certain grade, des séances de pédicurie sont prises en charge. Autrement dit, ne pas faire l'examen, c'est aussi se priver d'un droit. Voir la fiche sur l'ulcération du pied diabétique.

Entre deux rendez-vous, le geste utile tient en dix secondes par jour : se regarder les pieds, dessous compris, au moment de se déchausser.

Le cœur, les artères et les dents

Deux volets que l'on rattache rarement au diabète, et qui comptent autant.

Le cœur et les artères

Le diabète est un facteur de risque cardiovasculaire parmi d'autres, et il est bien plus fort quand il s'accompagne de tabac, d'hypertension ou d'un cholestérol élevé. C'est pourquoi la tension se mesure à chaque consultation et qu'un bilan lipidique est prescrit régulièrement : on ne surveille pas seulement la glycémie, on retire des armes à la macroangiopathie.

Les dents

La consultation dentaire annuelle n'est pas un supplément de confort. Les gencives sont plus vulnérables quand la glycémie est élevée, et une parodontopathie installée rend en retour l'équilibre glycémique plus difficile. Les deux s'entretiennent l'un l'autre, dans le mauvais sens.

Le calendrier de dépistage, en un coup d'œil

Ces repères sont ceux de l'Assurance Maladie pour un adulte. Ils ne remplacent pas le rythme que votre médecin fixe pour vous, qui peut être plus rapproché.

Ce qui revient dans l'année

  • ●Consultations : au moins quatre par an chez le médecin traitant, en coordination avec le diabétologue.
  • ●HbA1c : en général deux à quatre fois par an. Ce qu'elle mesure et ce qu'elle cache est détaillé dans l'article sur l'HbA1c et le diabète de type 1.
  • ●Bilan rénal : au moins une fois par an, albumine urinaire et créatinine sanguine.
  • ●Examen ophtalmologique : en général une fois par an.
  • ●Pieds, dents, bilan lipidique : dans le bilan annuel, selon le rythme fixé par votre médecin.

Un mot qui compte, en France : le diabète de type 1 est reconnu comme une affection de longue durée, et les examens liés à cette affection sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Le coût n'a donc pas à entrer dans la décision de les faire.

Ce qui fait baisser le risque, et de combien

Le dépistage regarde, il ne protège pas. Ce qui protège, c'est l'équilibre glycémique sur la durée, et là on dispose de chiffres plutôt que d'exhortations.

L'étude DCCT a suivi 1 441 personnes vivant avec un diabète de type 1 pendant 6,5 ans en moyenne. Comparé au traitement conventionnel, le traitement intensif a réduit le risque d'apparition d'une rétinopathie de 76 %, celui d'une microalbuminurie de 39 %, et la neuropathie clinique de 60 %.

Deux précisions, parce qu'elles changent la façon de le recevoir. D'abord, ce sont des réductions, pas des disparitions : le risque baisse fortement, il ne tombe jamais à zéro, et personne ne peut vous garantir le contraire. Ensuite, le suivi de ces mêmes personnes a montré que l'avantage persistait des années plus tard, même quand les deux groupes avaient retrouvé des HbA1c comparables. Les mois où vous vous accrochez comptent encore longtemps après.

Ce que cet article ne fait pas

Il ne pose aucun diagnostic et ne permet pas de savoir si vous avez une complication. Les examens décrits se lisent par un médecin, avec votre histoire et vos autres résultats.

Il ne fixe pas votre calendrier. Les repères donnés ici sont ceux d'un suivi standard chez l'adulte ; le vôtre peut être plus rapproché, et c'est votre médecin qui le décide.

Il ne calcule aucune dose et ne propose aucune adaptation de traitement. Et il ne remplace surtout pas le fait de prendre les rendez-vous : en tant qu'infirmier, c'est le seul conseil de cet article qui vaille vraiment, et il n'a rien de technique.

Le vrai obstacle n'est pas de savoir, c'est de ne pas oublier

Personne ne saute son fond d'œil par négligence. On le saute parce qu'il fallait le prendre onze mois plus tôt, que le compte rendu du précédent est dans un tiroir, et qu'on ne sait plus la date du dernier bilan rénal.

Le Casier de l'application Diabète Campus garde vos rendez-vous et vos comptes rendus au même endroit, avec une alerte avant l'échéance, et le cahier de santé conserve vos résultats avec leurs dates.

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Questions fréquentes sur le dépistage des complications

Quels examens faire chaque année avec un diabète de type 1 ?

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Le socle tient en quelques rendez-vous : au moins quatre consultations par an chez le médecin traitant en coordination avec le diabétologue, une HbA1c deux à quatre fois par an, un bilan rénal au moins une fois par an avec albumine urinaire et créatinine sanguine, un examen ophtalmologique avec fond d'œil en général annuel, un examen des pieds, une consultation dentaire et un bilan lipidique. Le rythme exact est fixé par votre médecin et peut être plus rapproché.

Pourquoi faire un fond d'œil si je vois bien ?

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Parce qu'une rétinopathie débutante ne trouble pas la vue. Les premières anomalies des petits vaisseaux de la rétine sont visibles à l'examen bien avant d'être ressenties, et c'est justement à ce stade qu'on les surveille et qu'on les traite le mieux. Attendre une gêne visuelle, c'est perdre les années où l'on avait de l'avance.

Qu'est-ce que la microalbuminurie et pourquoi la doser ?

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C'est la présence d'une petite quantité d'albumine dans les urines. Elle signale que le filtre rénal laisse passer ce qu'il devrait retenir, et c'est le signe le plus précoce d'une atteinte rénale. On la dose avec la créatinine sanguine, qui évalue la fonction rénale globale. Un résultat isolé ne suffit pas à conclure : une albuminurie peut monter passagèrement après un effort intense, une fièvre ou une infection urinaire.

En quoi consiste l'examen des pieds ?

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Il est simple et indolore. Le soignant teste la sensibilité, souvent à l'aide d'un filament posé sur la peau, et vérifie la circulation en recherchant les pouls du pied. Il en résulte un niveau de risque qui détermine le suivi, et au-delà d'un certain grade des séances de pédicurie sont prises en charge. Entre deux rendez-vous, le geste utile est de regarder ses pieds chaque jour, dessous compris.

Les complications du diabète sont-elles inévitables ?

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Non, mais aucun résultat ne se garantit non plus. Dans l'étude DCCT, 6,5 ans de traitement intensif ont réduit de 76 % l'apparition d'une rétinopathie, de 39 % celle d'une microalbuminurie et de 60 % la neuropathie clinique, par rapport au traitement conventionnel. Ce sont des réductions fortes, pas des disparitions. L'équilibre glycémique et le dépistage régulier agissent ensemble : le premier réduit le risque, le second permet d'agir tôt.

Les examens de dépistage sont-ils remboursés ?

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En France, le diabète de type 1 est reconnu comme une affection de longue durée, et les examens et soins liés à cette affection sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Le coût n'a donc pas à entrer dans la décision de faire son bilan annuel. Les modalités varient d'un pays à l'autre.

J'ai un très bon équilibre, puis-je espacer les examens ?

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C'est une décision médicale, pas une décision personnelle. Un bon équilibre réduit le risque, il ne le supprime pas, et le dépistage sert précisément à vérifier ce que l'on croit savoir. Certaines situations permettent effectivement d'espacer un examen, d'autres imposent au contraire de le rapprocher : c'est votre médecin qui tranche, à partir de vos résultats et de votre histoire.

Sources : Suivi du diabète et analyses de sang et d'urines, Assurance Maladie ; suivi médical du diabète de type 1 ; Diabetes Control and Complications Trial, effet du traitement intensif sur les complications microvasculaires ; suivi EDIC, effet prolongé dix ans après l'essai.

⚕️ Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Elles ne remplacent pas l'avis de votre diabétologue. Ne modifiez jamais vos doses d'insuline ni votre protocole sans validation médicale préalable.
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