📖 Lexique DT1

Corticoïdes inhalés et diabète de type 1

Terminologie : CSI, corticostéroïdes inhalés, Flixotide, Pulmicort, Béclométhasone

En bref

Les corticoïdes inhalés (Flixotide, Pulmicort, Symbicort, Seretide) sont utilisés dans l'asthme et la BPCO. Aux doses faibles et moyennes, leur impact sur la glycémie est minime. À forte dose (au-delà de 1 000 µg/j de béclométasone, de 500 µg/j de fluticasone ou de 800 µg/j de budésonide chez l'adulte, selon les seuils du GINA) ou en nébulisation, une hyperglycémie modérée est possible.

Corticoïdes inhalés, qu'est-ce que c'est ?

Les corticoïdes inhalés (CSI) sont des glucocorticoïdes administrés directement dans les voies respiratoires par inhalateur ou nébuliseur. Leurs principaux représentants : budésonide (Pulmicort), fluticasone (Flixotide), béclométasone. Ils sont prescrits dans l'asthme persistant et la BPCO. L'inhalation limite l'absorption systémique par rapport à la voie orale, c'est leur avantage principal. Une partie de la dose, celle qui se dépose dans les poumons, passe cependant dans la circulation générale.

Corticoïdes inhalés : le mécanisme

Même mécanisme que tous les glucocorticoïdes, mais la quantité qui atteint la circulation est bien plus faible qu'avec la voie orale. Le GINA classe les doses en faibles, moyennes et fortes, avec des seuils propres à chaque molécule : chez l'adulte, la dose forte commence au-delà de 1 000 µg/j pour la béclométasone classique, de 500 µg/j pour la fluticasone propionate et de 800 µg/j pour le budésonide. Aux doses faibles et moyennes, l'impact glycémique est en général négligeable. À forte dose, ou lors de nébulisations répétées, le passage dans le sang augmente et peut produire une hyperglycémie modérée. À dose égale en microgrammes, les molécules ne se valent donc pas : 800 µg/j de fluticasone sont déjà une forte dose.

Corticoïdes inhalés en chiffres

La plus grande étude sur le sujet (Suissa et al., American Journal of Medicine, 2010 : 388 584 patients traités pour une maladie respiratoire au Québec) associe l'usage des corticoïdes inhalés à une hausse de 34 % du risque d'apparition d'un diabète, et du risque de passage des comprimés à l'insuline chez les personnes déjà diabétiques ; le risque est le plus marqué aux fortes doses, équivalentes à 1 000 µg/j de fluticasone ou plus. Cette étude ne porte pas sur le DT1 et n'a pas mesuré l'HbA1c, mais elle confirme que l'effet dépend de la dose.

Corticoïdes inhalés au quotidien avec un DT1

Pour un DT1 sous corticoïdes inhalés aux doses faibles ou moyennes, une adaptation de l'insuline n'est en général pas nécessaire. Une surveillance renforcée du capteur est utile lors d'un changement de dose ou de molécule. En cas de crise d'asthme traitée par nébulisations ou par corticoïdes oraux, la glycémie peut monter nettement, surtout avec les corticoïdes oraux : surveillez-la de plus près et prévenez votre médecin, qui décide d'une éventuelle adaptation de la basale. Marques fréquentes : Flixotide (fluticasone), Pulmicort (budésonide), Symbicort et Seretide (associations avec un bronchodilatateur).

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ L'association d'un DT1 et d'un asthme inquiète souvent plus qu'elle ne le devrait. Aux doses usuelles, les inhalateurs classiques n'ont pas d'effet notable sur la glycémie : la quantité qui passe dans le sang est faible. Ce qui change vraiment, c'est la crise d'asthme sévère : les nébulisations répétées, et surtout les corticoïdes par la bouche qui l'accompagnent souvent, font monter la glycémie. C'est là qu'il faut surveiller de plus près, et prévenir l'équipe qui vous suit.

Corticoïdes inhalés : questions fréquentes

Flixotide et Pulmicort font-ils monter la glycémie d'un DT1 ?

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Aux doses faibles et moyennes définies par le GINA (chez l'adulte, jusqu'à 500 µg/j de fluticasone propionate ou 800 µg/j de budésonide), Flixotide et Pulmicort ont un impact glycémique minime chez la plupart des DT1. À forte dose ou lors de nébulisations répétées, une légère hyperglycémie est possible. Une surveillance renforcée du capteur lors d'un changement de dose permet de repérer un effet notable.

Peut-on utiliser les corticoïdes inhalés normalement avec de l'insuline ?

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Oui, les corticoïdes inhalés sont compatibles avec l'insuline et ne nécessitent généralement pas d'adaptation insulinique aux doses thérapeutiques habituelles pour l'asthme. Ils sont la base du traitement de l'asthme persistant même chez les DT1. Seules les fortes doses ou les nébulisations répétées peuvent nécessiter une surveillance glycémique renforcée.

Sources

Suissa S., Kezouh A., Ernst P. : Inhaled corticosteroids and the risks of diabetes onset and progression (Am J Med, 2010) | GINA : Global Strategy for Asthma Management and Prevention (2023)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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