Hashimoto et diabète de type 1
Terminologie : thyroïdite de Hashimoto, hypothyroïdie auto-immune, thyroïdite chronique lymphocytaire
En bref
La thyroïdite de Hashimoto est la maladie auto-immune la plus souvent associée au DT1 : selon l'ISPAD (2022), elle touche environ 3 à 8 % des enfants DT1, et jusqu'à 20 % avec l'âge. L'hypothyroïdie qu'elle peut entraîner perturbe l'équilibre glycémique et aggrave les dyslipidémies. Chez l'enfant, l'ISPAD recommande de doser la TSH et les anticorps antithyroïdiens peu après le diagnostic, puis la TSH tous les 2 ans sans symptômes, et tous les ans si les anticorps sont positifs ; l'ADA propose tous les 1 à 2 ans si la TSH est normale. Chez l'adulte, le rythme est fixé par l'équipe.
Hashimoto, qu'est-ce que c'est ?
La thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire produit des anticorps dirigés contre la thyroïde, principalement des anticorps anti-thyroperoxydase (anti-TPO) et anti-thyroglobuline. Cette inflammation chronique détruit progressivement les cellules thyroïdiennes, conduisant à une hypothyroïdie (manque d'hormones thyroïdiennes). Le lien avec le DT1 est fondamental : les deux sont des maladies auto-immunes partageant des prédispositions génétiques communes (gènes HLA, PTPN22, CTLA4). Un DT1 a 3 à 5 fois plus de risque de développer une thyroïdite de Hashimoto que la population générale.
Hashimoto : le mécanisme
L'hypothyroïdie provoquée par Hashimoto impact le DT1 de plusieurs façons. Premièrement, elle augmente l'insulinorésistance : les hormones thyroïdiennes (T3, T4) sont nécessaires à la régulation du métabolisme glucidique. En manque d'hormones thyroïdiennes, la sensibilité à l'insuline diminue, les besoins en insuline augmentent. Deuxièmement, elle ralentit la vidange gastrique (gastroparésie associée) ce qui peut modifier l'absorption des glucides. Troisièmement, elle provoque une dyslipidémie (augmentation du LDL cholestérol), aggravant le risque cardiovasculaire déjà élevé des DT1. À l'inverse, une hyperthyroïdie en phase inflammatoire initiale peut provoquer des hyperglycémies.
Hashimoto en chiffres
Selon l'ISPAD (Fröhlich-Reiterer et al., Pediatric Diabetes, 2022), la thyroïdite auto-immune touche environ 3 à 8 % des enfants DT1, et sa fréquence augmente avec l'âge, vers 20 %. Les anticorps antithyroïdiens (anti-TPO, anti-thyroglobuline) sont retrouvés chez jusqu'à 29 % des personnes peu après le diagnostic du DT1, plus souvent chez les filles et les femmes, et ils prédisent fortement l'apparition d'une hypothyroïdie. C'est pourquoi, chez l'enfant, l'ISPAD recommande une TSH tous les ans quand les anticorps sont positifs, et tous les 2 ans sinon ; chez l'adulte, le rythme est fixé par l'équipe soignante.
Hashimoto au quotidien avec un DT1
Signes qui peuvent faire penser à une hypothyroïdie chez un DT1 : glycémies qui changent sans raison apparente (besoins en insuline modifiés), fatigue inhabituelle, prise de poids, constipation, frilosité, ralentissement du rythme cardiaque. Le traitement par lévothyroxine (Levothyrox) vise d'abord la thyroïde, et son effet sur l'équilibre glycémique demande une surveillance : la notice de L-Thyroxin Henning indique que la lévothyroxine peut réduire l'effet de l'insuline et que la glycémie doit être contrôlée, surtout au début du traitement. Les besoins en insuline peuvent donc augmenter à l'instauration ; les doses se revoient avec le diabétologue.
✅ Hashimoto fait partie des pistes auxquelles il faut penser en premier quand des glycémies se dégradent sans qu'on ait rien changé à son mode de vie. La question à poser est simple : votre TSH a-t-elle été vérifiée récemment ? C'est parfois aussi bête que ça, une hypothyroïdie débutante non traitée qui explique 6 mois de déséquilibre incompréhensible. Le dépistage thyroïdien fait partie du suivi recommandé quand on vit avec un DT1 : si ça fait longtemps, demandez-le.
Hashimoto : questions fréquentes
Comment savoir si on a Hashimoto quand on est DT1 ?
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Le dépistage se fait par une simple prise de sang : dosage de la TSH (hormone thyréostimulante) et des anticorps anti-TPO (anti-thyroperoxydase). Une TSH élevée avec anti-TPO positifs est très évocatrice de Hashimoto. Ces dosages devraient être réalisés au moins une fois par tout DT1, puis annuellement si les anticorps sont positifs. Si vous n'avez jamais eu de bilan thyroïdien, demandez-le à votre diabétologue.
Hashimoto aggrave-t-il le diabète de type 1 ?
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Elle peut compliquer l'équilibre du DT1, car une hypothyroïdie modifie le métabolisme du glucose. Ses effets sur les besoins en insuline ne vont pas tous dans le même sens selon les personnes. Ce que disent les notices est plus net : le traitement par lévothyroxine peut réduire l'effet de l'insuline (notice de L-Thyroxin Henning), et la glycémie est donc à surveiller de près au début du traitement. Traiter l'hypothyroïdie reste nécessaire, et l'équilibre glycémique se réajuste avec le diabétologue.
Sources
Barker J.M. : Clinical review: type 1 diabetes-associated autoimmunity (J Clin Endocrinol Metab, 2006) | Egora : Hashimoto et DT1, deux pathologies fréquemment associées (2024) | SFE : Recommandations dépistage thyroïdopathies diabète type 1
Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.
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