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Combien de personnes vivent avec un diabète de type 1 dans le monde, et pourquoi ce nombre augmente

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Nicolas Zeghmati
7 septembre 2026
22 min de lecture
Un couple de personnes âgées marche de dos sur un sentier de montagne en automne, sac au dos et bâtons de randonnée.
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Ce qu'il faut retenir, en une phrase
Environ 9,5 millions de personnes vivent aujourd'hui avec un diabète de type 1, et les projections annoncent entre 12 et 15 millions entre 2040 et 2049. Ce nombre augmente en partie pour une raison qu'aucun titre ne dira : on meurt beaucoup moins de cette maladie qu'avant, et donc on est plus nombreux à vivre avec.
⚡ L'essentiel en 30 secondes
  • Aujourd'hui : environ 9,5 millions de personnes vivent avec un diabète de type 1 dans le monde, dont 1,9 million de moins de 20 ans, et près de 513 000 nouveaux cas par an.
  • Demain : la projection DIAMOND-T1D annonce 12,1 millions en 2049. Un second modèle, lui déjà publié dans une revue scientifique, annonce 14,7 millions dès 2040. Et c'est le plus gros des deux qu'il faut espérer : ce qui les sépare, c'est la survie.
  • Pourquoi ça monte : davantage de nouveaux cas, mais aussi et surtout une meilleure survie. La plus forte hausse est attendue dans les pays à faible revenu, à mesure que l'insuline y devient accessible.
  • Le vrai scandale : 174 000 décès prématurés par an, dont 17,2 % faute d'avoir été diagnostiqué à temps. Ce chiffre-là n'est pas une projection.
  • ⚠️ Ce que ce n'est pas : une prédiction. Ces résultats sont présentés en congrès et ne sont pas encore publiés dans une revue à comité de lecture. Un modèle décrit une tendance, pas un avenir.

Dans trois semaines, un chiffre va tourner sur tous les réseaux : douze millions de diabétiques de type 1 en 2049. Il sera présenté comme une vague, une explosion, une bombe à retardement. Et si vous vivez avec cette maladie, vous le lirez comme tout le monde, entre deux glycémies.

Alors prenons trois minutes pour le regarder correctement, parce qu'il dit à la fois moins et davantage que ce qu'on va vous en dire.

Combien de personnes vivent avec un diabète de type 1 dans le monde ?

Commençons par le présent, qui est mesuré et non projeté. D'après l'Atlas de la Fédération internationale du diabète et le T1D Index, publiés en 2025 :

Le diabète de type 1 dans le monde, en 2025

  • 9,5 millions de personnes vivent avec un diabète de type 1, contre 8,4 millions en 2021, soit 13 % de plus en quatre ans.
  • 1,9 million ont moins de 20 ans (19 %), 6,5 millions ont entre 20 et 59 ans (68 %), et 1,1 million ont 60 ans ou plus.
  • 513 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués dans l'année.
  • Les dix pays les plus concernés en nombre de personnes : États-Unis, Inde, Chine, Brésil, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Canada, Arabie saoudite et Turquie.

Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il défait une idée reçue : le diabète de type 1 n'est pas une maladie d'enfants. Huit personnes sur dix qui vivent avec ont plus de 20 ans, et plus d'un million ont dépassé 60 ans. Ce n'est pas anodin : cela veut dire qu'on vieillit avec, ce qui n'a pas toujours été le cas.

La projection DIAMOND-T1D : 12,1 millions en 2049

C'est le travail dont on va parler. Une équipe du Steno Diabetes Center d'Odense, au Danemark, menée par le professeur Anders Green, a construit un modèle projetant la population mondiale vivant avec un diabète de type 1 jusqu'en 2049. Voici ce qu'il annonce.

Indicateur20252049Évolution
Personnes vivant avec un DT19,4 millions12,1 millions+29 %
Nouveaux cas par an530 024605 058+14 %
Décès annuels, toutes causes361 383537 621+49 %

Vous aurez peut-être noté que le point de départ n'est pas tout à fait celui du paragraphe précédent : 9,4 millions ici, 9,5 millions là, et 530 000 nouveaux cas contre 513 000. Ce sont deux équipes et deux façons de compter. Retenez cet écart, il va devenir le sujet.

La troisième ligne est celle qui va faire les gros titres, et c'est celle qu'il faut comprendre avant de s'en effrayer. Une population qui grandit et qui vieillit compte mécaniquement plus de décès chaque année, toutes causes confondues. Ce n'est pas la même chose que « le diabète tue de plus en plus ».

⚠️ Un point de méthode, qui compte. Ces résultats sont présentés à un congrès et n'ont pas encore été publiés dans une revue à comité de lecture. En recherche, cela signifie qu'ils n'ont pas encore été relus et critiqués par des scientifiques indépendants. Ils sont sérieux, ils ne sont pas définitifs.

Qui est Anders Green, l'homme derrière le chiffre

Quand un chiffre va tourner sur tous les écrans, il vaut la peine de savoir qui l'a produit. Le professeur Anders Green n'est pas un porte-parole de laboratoire ni un lanceur d'alerte : c'est un épidémiologiste, c'est-à-dire un scientifique qui compte les maladies dans des populations entières plutôt que de soigner des patients un par un.

Médecin, titulaire d'un doctorat et d'un doctorat d'État en médecine, il est professeur émérite et consultant en épidémiologie clinique au Steno Diabetes Center d'Odense et à l'hôpital universitaire de la ville. Son travail repose depuis des décennies sur les registres de santé nationaux et les bases de données cliniques, et il a formé plusieurs générations de chercheurs : soixante-neuf cycles d'enseignement en méthodologie de la recherche et en épidémiologie du diabète, dans une dizaine de pays, et seize thèses de doctorat encadrées. Entre 1985 et 1988, il a représenté le Danemark au comité européen de coordination en épidémiologie.

Cela explique deux choses sur le modèle DIAMOND-T1D. D'abord sa singularité : remonter jusqu'en 1900 et tenir compte de l'année où l'insuline est arrivée dans chaque pays, c'est un réflexe de démographe, pas de clinicien. Ensuite sa prudence : quelqu'un qui a passé sa carrière à mesurer des populations sait mieux que personne ce qu'un modèle ne peut pas savoir. C'est probablement pour cela que ses hypothèses de survie sont les plus conservatrices des deux.

Pourquoi le nombre de diabétiques de type 1 augmente, et la part qui est une bonne nouvelle

Quand la prévalence d'une maladie augmente, c'est-à-dire le nombre de personnes qui vivent avec à un instant donné, deux mécanismes très différents peuvent être en cause. Et on les confond presque toujours.

Il y a plus de nouveaux cas

C'est le premier mécanisme, et c'est le seul qui soit vraiment préoccupant : l'incidence, c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas déclarés chaque année, augmente dans la plupart des pays, sans qu'on sache complètement pourquoi. Les pistes évoquées mêlent facteurs environnementaux, infections et modifications du microbiote, mais rien n'est tranché. Le modèle danois retient une hausse de 14 % du nombre annuel de nouveaux cas entre 2025 et 2049, soit le passage de 530 000 à 605 000 diagnostics par an.

Et surtout, on meurt beaucoup moins

C'est l'autre mécanisme, et c'est le principal. Une prévalence peut augmenter simplement parce que les gens cessent de mourir. Chaque personne qui survit reste comptée l'année suivante, et l'année d'après.

L'étude le dit noir sur blanc : la plus forte croissance relative est attendue dans les pays à faible revenu, et la raison avancée est l'amélioration de l'accès à l'insuline et à la surveillance du glucose. Autrement dit, le nombre de diabétiques de type 1 va augmenter là-bas parce que des enfants qui seraient morts vont vivre.

Un chiffre en hausse qui traduit des vies sauvées n'est pas une mauvaise nouvelle. C'est même exactement ce qu'on cherche à obtenir.

Quatre pays, et toute la démonstration

Ces chiffres comptent les personnes vivant avec un diabète de type 1, pas les nouveaux cas. Ils vont de 2025 à 2049.

PaysEn 2025En 2049Évolution
Tanzanie19 10139 673plus du double
États-Unis1 492 8252 055 235+38 %
Royaume-Uni313 725420 551+34 %
Italie205 499239 145+16 %

Le nombre de nouveaux cas par an suit la même logique : en Tanzanie, il passerait de 3 275 à 6 177, soit un quasi-doublement lui aussi.

Comparez la première ligne et la dernière. La Tanzanie double, l'Italie prend 16 %. Ce n'est pas parce que le diabète de type 1 va exploser en Afrique de l'Est : c'est parce que l'Italie soigne déjà ses diabétiques, et que la Tanzanie va commencer à le faire. La courbe la plus raide du monde est celle d'un pays qui cesse de perdre ses malades.

Être diabétique de type 1 aujourd'hui n'a rien à voir avec il y a cinquante ans

Ce n'est pas une impression, c'est mesuré, et c'est le chiffre le plus encourageant de cet article.

L'étude de Pittsburgh a suivi pendant des décennies des personnes diagnostiquées à des époques différentes. Résultat : l'espérance de vie estimée depuis la naissance est passée de 53,4 ans pour les personnes diagnostiquées entre 1950 et 1964, à 68,8 ans pour celles diagnostiquées entre 1965 et 1980. Un gain d'environ quinze ans d'une génération à l'autre.

Pour situer l'ampleur : sur la même période, l'espérance de vie de la population générale américaine comparable a gagné moins d'un an. L'écart entre les personnes diabétiques et les autres ne s'est pas réduit un peu, il s'est effondré.

⚠️ Ce que ce gain de quinze ans ne dit pas

  • Ces deux groupes ont été diagnostiqués il y a longtemps. Le premier entre 1950 et 1964, le second entre 1965 et 1980. Même le plus récent des deux a donc découvert son diabète avant 1980 : avant l'autosurveillance glycémique à domicile généralisée, avant les analogues d'insuline, avant les capteurs en continu, avant la boucle fermée.
  • Ce que cela veut dire : ces quinze ans gagnés ne décrivent pas une personne diagnostiquée aujourd'hui. Ils décrivent l'écart entre deux générations qui n'avaient, ni l'une ni l'autre, les outils dont nous disposons.
  • Ce que cela ne veut pas dire : qu'on pourrait annoncer un chiffre pour 2026. Personne ne peut mesurer aujourd'hui l'espérance de vie d'un enfant diagnostiqué cette année : il faudra attendre qu'il vieillisse pour le savoir.

Autrement dit, le pire de ce que ces chiffres racontent appartient déjà au passé. Nous y reviendrons à la fin de cet article.

Un autre modèle, un autre chiffre : ce qu'une projection peut dire

Voici pourquoi il ne faut jamais retenir un chiffre de projection isolé. Un second travail projette la même chose et n'arrive pas au même résultat. Et il a, lui, franchi l'étape qui manque encore au premier : il a été publié dans une revue scientifique, donc relu et critiqué par des chercheurs indépendants.

ModèleStatutPoint de départProjection
T1D Index, version 3.0, avec l'Atlas de la Fédération internationale du diabètePublié et relu9,5 millions en 202514,7 millions en 2040
DIAMOND-T1D, Steno Diabetes CenterPrésenté en congrès9,4 millions en 202512,1 millions en 2049

Regardez bien : les deux équipes partent quasiment du même point de départ, et l'une annonce plus de monde neuf ans plus tôt que l'autre. L'écart n'est pas un détail, il se compte en millions de personnes.

Alors, quel chiffre faut-il croire ?

Ni l'un ni l'autre, et ce n'est pas une dérobade. Les deux équipes mesurent la même chose, partent quasiment du même point, et une seule question les sépare : dans combien de temps les pays pauvres soigneront-ils correctement leurs diabétiques ?

L'équipe danoise a fait le pari le plus sombre, et elle l'écrit noir sur blanc : si ses estimations sont plus basses que celles publiées ailleurs, c'est qu'elle suppose qu'on continuera à mourir davantage, en particulier aux âges élevés et dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

D'où un paradoxe qui vaut la peine d'être posé lentement. Le modèle qui annonce le moins de monde est celui qui suppose le plus de morts. Le chiffre le plus bas n'est donc pas le plus rassurant : c'est le plus pessimiste des deux.

Poussez le raisonnement jusqu'au bout et vous obtenez le comble de cette histoire : sur ces deux chiffres, c'est le plus gros qu'il faut espérer. Non pas qu'il soit souhaitable que davantage de gens deviennent diabétiques, personne ne souhaite cela. Mais parce que ce qui sépare les deux modèles, c'est la survie : le monde où nous sommes 14,7 millions est celui où nous mourons moins et où nous vivons plus vieux avec un diabète de type 1.

Et c'est là que l'écart devient intéressant. Ces quelques millions de personnes qui séparent les deux courbes ne sont pas une imprécision de calcul. C'est le nombre de gens dont la vie dépend de ce que le monde fera d'ici là. Un modèle n'est pas une prédiction : c'est un raisonnement rendu explicite, qui sert à comparer des scénarios et à décider où mettre les moyens. Pas à savoir combien nous serons.

Le chiffre qui devrait faire la une : 174 000 décès prématurés par an

Pendant qu'on discute de 2049, voici ce qui se passe cette année, et ce n'est pas une projection mais une estimation portant sur le présent.

Le T1D Index estime à 174 000 le nombre de décès prématurés annuels liés au diabète de type 1. Et il précise que 17,2 % d'entre eux surviennent faute de diagnostic, peu après l'apparition de la maladie.

Prenons la mesure de cette phrase. Environ trente mille personnes par an meurent parce que personne n'a identifié à temps ce qui leur arrivait. Pas faute de traitement : le traitement existe depuis 1922. Faute de diagnostic. Ce sont, très souvent, des enfants emportés par une acidocétose prise pour une gastro-entérite ou une grippe.

Les signes qui doivent faire penser à un diabète

  • Boire beaucoup, uriner beaucoup, y compris la nuit, et chez un enfant propre depuis longtemps, recommencer à mouiller son lit.
  • Maigrir sans raison, alors que l'appétit est conservé ou augmenté.
  • Une fatigue inhabituelle, qui s'installe sur quelques semaines.
  • Ce qu'il faut faire : devant cette association de signes, consulter un médecin sans attendre, le jour même. Une glycémie prend une minute et tranche la question. Ce n'est pas un rendez-vous à prendre pour le mois prochain : c'est ce délai-là qui fait la différence entre un diagnostic et une acidocétose.

Voilà, à mon sens, le vrai sujet de cette actualité. Le nombre de personnes vivant avec un diabète de type 1 en 2049 dépendra de choses que nous ne maîtrisons pas. Le nombre de personnes qui mourront cette année sans avoir été diagnostiquées dépend, lui, de ce que les gens savent reconnaître.

Et le diabète de type 1 en France ?

Les chiffres français suivent la même tendance, et ils sont suivis par Santé publique France.

Le diabète de type 1 en France

  • Chez les moins de 20 ans : plus de 31 400 jeunes concernés en 2023, contre 20 300 en 2012. En onze ans, le nombre a augmenté de plus de moitié.
  • Chez les adultes : entre 3 et 5 personnes sur 1 000 vivent avec un diabète de type 1.
  • Sa place parmi les diabètes : le type 1 représente environ un diabète sur dix. Les neuf autres sont très majoritairement des diabètes de type 2, qui est une maladie différente.
  • Chaque année : plus de 2 300 enfants de moins de 15 ans découvrent un diabète de type 1, et ce nombre progresse d'environ 4 % par an.
  • Et cela varie beaucoup d'une région à l'autre : chez les moins de 15 ans, on compte 6,2 nouveaux cas par an pour 100 000 enfants en Guyane, contre 21,9 en Occitanie et 24 en Martinique. Personne n'explique complètement cet écart.

La France a par ailleurs un avantage qu'il faut nommer, parce qu'il est invisible quand on l'a toujours eu : le diabète de type 1 y est reconnu comme affection de longue durée, et les soins liés sont pris en charge à 100 %. C'est précisément ce qui manque dans les pays où l'on meurt encore faute d'insuline.

L'EASD de Milan, du 28 septembre au 2 octobre

Ces résultats seront présentés au 62ᵉ congrès annuel de l'Association européenne pour l'étude du diabète, qui se tient à Milan du 28 septembre au 2 octobre 2026.

Pour qui ne connaît pas : c'est le grand rendez-vous européen de la recherche sur le diabète, celui où tombent chaque année la plupart des annonces qui feront l'actualité des douze mois suivants. Résultats d'essais, nouvelles technologies, données de vie réelle. Quand vous lisez en octobre une information sur une pompe, un capteur ou un traitement, il y a de fortes chances qu'elle vienne de là.

Nous y consacrerons un article complet une fois le congrès terminé, pour raconter ce qui en sort réellement, plutôt que ce qui aura été annoncé.

Ce que cet article ne fait pas

Il ne comble pas les trous des données. Les auteurs le reconnaissent explicitement : les données épidémiologiques sur le diabète de type 1 sont limitées, et particulièrement rares dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Or ce sont précisément les pays où la hausse projetée est la plus forte.

Il ne prédit rien. Aucun des deux modèles cités ne sait combien nous serons en 2049, et leur écart de plusieurs millions le prouve mieux que n'importe quelle mise en garde.

Il ne dit rien de votre espérance de vie à vous. Les chiffres de mortalité sont des moyennes mondiales, largement portées par des pays où l'insuline n'est pas accessible. Ils ne décrivent pas la situation d'une personne suivie en France, avec un traitement, un capteur et un diabétologue.

Et il ne remplace pas un avis médical. En tant qu'infirmier, la seule chose que je vous demanderais de retenir concrètement de cette page, c'est la liste des signes d'alerte plus haut. Le reste est de la statistique.

Ce qu'il y a de chanceux à vivre ça maintenant

Je voudrais finir par quelque chose que ces chiffres racontent sans le dire, et qu'on oublie quand on compte ses unités un soir de fatigue.

Avant 1922, un diabète de type 1 était une condamnation. Pas une maladie difficile : une condamnation, en quelques mois, souvent chez un enfant. Puis l'insuline est arrivée, et la question est devenue combien de temps. Les deux générations suivies dans l'étude de Pittsburgh ont gagné quinze ans d'espérance de vie l'une sur l'autre, et elles n'avaient encore rien de ce que nous avons.

Ce dont nous disposons, et qui n'existait pas

  • Voir sa glycémie en continu. Le capteur affiche une valeur toutes les cinq minutes et alerte avant la chute. Il a remplacé quatre à six piqûres au doigt par jour, et les nuits passées à ne rien savoir.
  • Des algorithmes qui ajustent à notre place. La boucle fermée corrige en continu, y compris pendant le sommeil. Il y a quinze ans, c'était de la science-fiction.
  • Des insulines qui obéissent. Les analogues rapides et lents ont remplacé des produits dont l'action était bien plus imprévisible, et qui imposaient des horaires de repas rigides.
  • Un traitement qui agit sur la cause. Le téplizumab retarde l'arrivée du stade 3, et le dépistage avant les symptômes permet de savoir avant l'orage. Ces deux phrases étaient impossibles à écrire il y a cinq ans.
  • Et savoir. Comprendre son traitement, poser une question à quelqu'un qui vit la même chose, lire ce qu'un congrès a annoncé la semaine dernière : cet accès-là ne coûte plus rien, et il change autant de choses que le matériel.

Rien de tout cela ne rend la maladie légère. Elle pèse chaque jour, elle ne prend pas de vacances, elle fatigue et elle inquiète, et je suis mal placé pour prétendre le contraire. Mais je fais partie de ceux qui, à une autre époque, n'auraient pas eu ce texte à écrire.

Les chiffres de cet article disent une chose que je trouve juste de garder pour la fin : si nous sommes de plus en plus nombreux à vivre avec un diabète de type 1, c'est d'abord parce que nous vivons. Et le combat qui reste ne porte plus sur le fait de survivre chez nous. Il porte sur le fait que ce soit vrai partout.

Ce qui change une trajectoire, ce sont les mois, pas les décennies

Les projections parlent de 2049. Ce qui se joue vraiment tient dans un trimestre : voir ses données, préparer sa consultation, ne pas oublier son fond d'œil. C'est le sujet de notre article sur les examens de dépistage des complications.

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Questions fréquentes sur le diabète de type 1 dans le monde

Combien de personnes vivent avec un diabète de type 1 dans le monde ?

Environ 9,5 millions en 2025, d'après l'Atlas de la Fédération internationale du diabète et le T1D Index, contre 8,4 millions en 2021. Parmi elles, 1,9 million ont moins de 20 ans, 6,5 millions ont entre 20 et 59 ans et 1,1 million ont 60 ans ou plus. Environ 513 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.

Combien seront-ils en 2049 ?

La projection DIAMOND-T1D, menée par le Steno Diabetes Center d'Odense, annonce 12,1 millions de personnes en 2049, soit une hausse de 29 %. Un autre modèle, le T1D Index, annonce de son côté 14,7 millions dès 2040. Ces deux chiffres partent presque du même point de départ et divergent de plusieurs millions : une projection qui va jusqu'en 2049 dépend entièrement de ses hypothèses et ne constitue pas une prédiction.

Pourquoi le nombre de diabétiques de type 1 augmente-t-il ?

Pour deux raisons très différentes. D'une part, l'incidence augmente, c'est-à-dire qu'il y a davantage de nouveaux cas chaque année, sans que la cause en soit élucidée. D'autre part, et c'est le facteur principal, la mortalité recule : les personnes vivent plus longtemps avec la maladie et restent donc comptées année après année. La plus forte croissance relative est attendue dans les pays à faible revenu, à mesure que l'accès à l'insuline et à la surveillance du glucose s'y améliore.

L'espérance de vie avec un diabète de type 1 s'est-elle améliorée ?

Oui, et massivement. Dans l'étude de Pittsburgh, l'espérance de vie estimée depuis la naissance est passée de 53,4 ans pour les personnes diagnostiquées entre 1950 et 1964 à 68,8 ans pour celles diagnostiquées entre 1965 et 1980, soit un gain d'environ quinze ans, quand la population générale comparable gagnait moins d'un an. Attention toutefois : ces deux groupes ont découvert leur diabète avant 1980, donc avant l'autosurveillance à domicile, les analogues d'insuline, les capteurs en continu et la boucle fermée. Ce chiffre décrit l'écart entre deux générations anciennes, pas la situation d'une personne diagnostiquée aujourd'hui.

Combien de personnes meurent du diabète de type 1 chaque année ?

Le T1D Index estime à 174 000 le nombre de décès prématurés annuels liés au diabète de type 1, dont 17,2 % surviennent faute de diagnostic, peu après l'apparition de la maladie. Cela représente environ trente mille personnes par an qui meurent non pas faute de traitement, mais parce que personne n'a identifié à temps ce qui leur arrivait. Ces moyennes mondiales sont largement portées par les pays où l'insuline n'est pas accessible.

Quels signes doivent faire penser à un diabète de type 1 ?

L'association de plusieurs signes doit alerter : boire beaucoup et uriner beaucoup, y compris la nuit, avec chez un enfant propre depuis longtemps une reprise de l'énurésie ; une perte de poids sans raison malgré un appétit conservé ; et une fatigue inhabituelle installée sur quelques semaines. Devant cette association, une glycémie capillaire prend une minute et se demande à un médecin. C'est le geste qui évite une acidocétose.

Combien de personnes ont un diabète de type 1 en France ?

Chez les moins de 20 ans, plus de 31 400 jeunes étaient concernés en 2023, contre 20 300 en 2012. Chez les adultes, entre 3 et 5 personnes sur 1 000 vivent avec un diabète de type 1. Rapporté à l'ensemble des diabètes, le type 1 en représente environ un sur dix, les neuf autres étant très majoritairement des diabètes de type 2. Chaque année, plus de 2 300 enfants de moins de 15 ans découvrent un diabète de type 1, un nombre qui progresse d'environ 4 % par an. Les taux varient fortement selon les régions, de 6,2 nouveaux cas annuels pour 100 000 enfants en Guyane à 24 en Martinique.

Qu'est-ce que l'EASD, et quand a lieu le congrès 2026 ?

L'EASD est l'Association européenne pour l'étude du diabète. Son congrès annuel est le principal rendez-vous européen de la recherche sur le diabète, celui où sont présentés chaque année les résultats d'essais, les nouvelles technologies et les données de vie réelle qui alimenteront l'actualité des mois suivants. Le 62ᵉ congrès se tient à Milan du 28 septembre au 2 octobre 2026.

Sources : Fédération internationale du diabète et T1D Index version 3.0, estimations mondiales 2025 de prévalence, d'incidence et de mortalité du diabète de type 1 ; étude de Pittsburgh sur l'amélioration de l'espérance de vie ; épidémiologie du diabète de type 1, Santé publique France ; projection DIAMOND-T1D, Steno Diabetes Center Odense, présentée au 62ᵉ congrès de l'EASD, Milan, 28 septembre au 2 octobre 2026, non encore publiée en revue à comité de lecture.

⚕️ Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Elles ne remplacent pas l'avis de votre diabétologue. Ne modifiez jamais vos doses d'insuline ni votre protocole sans validation médicale préalable.
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