Coma diabétique
Terminologie : coma hypoglycémique, coma hyperglycémique, perte connaissance diabète, urgence DT1 inconscience, coma DT1
En bref
Le coma diabétique est une perte de connaissance causée soit par une hypoglycémie sévère non traitée (la plus fréquente dans le DT1), soit par une acidocétose ou hyperosmolarité avancée. C'est une urgence médicale absolue nécessitant l'appel immédiat du 15.
Coma diabétique, qu'est-ce que c'est ?
Le terme 'coma diabétique' regroupe deux situations physiopathologiquement opposées : le coma hypoglycémique (glycémie effondrée, cerveau sans carburant) et le coma hyperglycémique (acidocétose ou syndrome hyperosmolaire). Dans le DT1, le coma hypoglycémique est de loin le plus fréquent et le plus redouté. Il survient quand la glycémie descend sous un seuil critique (généralement < 0,30-0,40 g/L) et que le cerveau, privé de glucose, perd ses fonctions. La personne perd connaissance et ne peut plus se traiter elle-même, d'où la nécessité absolue que l'entourage soit formé à réagir.
Coma diabétique : le mécanisme
Le cerveau consomme environ 120 g de glucose par jour et ne dispose d'aucune réserve propre. À partir d'une glycémie < 0,50 g/L (50 mg/dL, 2,8 mmol/L), les fonctions cognitives supérieures commencent à se dégrader (confusion, désorientation). En dessous de 0,30-0,40 g/L (30 à 40 mg/dL, 1,7 à 2,2 mmol/L), le cerveau entre en dysfonctionnement sévère et la perte de connaissance survient. Ce seuil varie selon l'habituation aux hypoglycémies : les DT1 ayant eu des hypoglycémies fréquentes peuvent tolérer des glycémies plus basses sans perdre connaissance (mais c'est un signe d'hypo-sensibilité dangereuse).
Coma diabétique en chiffres
Les hypoglycémies sévères, c'est-à-dire celles qui nécessitent l'aide d'une autre personne (coma compris), ne sont pas rares. Dans la méta-analyse de Pickup et Sutton (Diabetic Medicine, 2008), leur fréquence sous multi-injections atteignait en moyenne 100 épisodes pour 100 patients-années chez l'adulte et 36 chez l'enfant, et augmentait avec l'ancienneté du diabète. Une glycémie basse perçue tardivement pèse lourd : chez les personnes DT1 qui ressentent mal leurs hypoglycémies, les épisodes sévères sont 6 fois plus fréquents (Gold A.E. et al., Diabetes Care, 1994). Côté hyperglycémie, le consensus ADA-EASD de 2024 (Umpierrez G.E. et al., Diabetes Care) classe l'acidocétose comme sévère sous un pH de 7,0.
Coma diabétique au quotidien avec un DT1
La conduite à tenir face à un DT1 inconscient : 1) NE JAMAIS rien donner par la bouche (risque d'étouffement par fausse route). 2) Appeler le 15 immédiatement. 3) Administrer Baqsimi (glucagon nasal) dans une narine OU glucagon injectable IM si disponible. 4) Mettre en position latérale de sécurité (PLS) pour éviter l'aspiration en cas de vomissements. 5) Rester auprès de la personne jusqu'à l'arrivée des secours. 6) Si consciente mais confuse : donner du sucre par voie orale avec surveillance.
✅ Le coma diabétique est l'urgence que les proches de DT1 redoutent le plus, et souvent la moins bien préparée. Ce qu'on apprend à préparer en tant que soignant tient en 2 points : montrer à l'entourage comment utiliser le glucagon (par exemple le Baqsimi, par voie nasale), et garder actives, la nuit, les alarmes du capteur, pour pouvoir agir avant une perte de connaissance. Côté hyperglycémie, c'est la surveillance des cétones qui joue ce rôle d'alerte précoce, pour repérer une acidocétose avant qu'elle ne s'aggrave.
Coma diabétique : questions fréquentes
1Comment distinguer un coma hypoglycémique d'un malaise vagal ?
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Les deux provoquent une perte de connaissance mais ont des contextes différents. Le malaise vagal survient souvent après un stress émotionnel, une douleur ou une station debout prolongée, la personne est pâle, froide, transpirante, mais récupère rapidement en position allongée. L'hypoglycémie sévère survient dans un contexte diabétique (traitement par insuline, repas sauté, effort intense) avec une évolution progressive et des signes préalables (tremblements, sueurs, confusion). En cas de doute chez un DT1 inconscient : appliquer toujours le protocole hypoglycémie (glucagon + 15), il ne fait pas de mal en cas d'hyperglycémie.
2Faut-il amener un DT1 aux urgences après un coma hypoglycémique traité avec succès ?
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Oui, systématiquement. Même si la personne récupère complètement après l'administration du glucagon, une consultation médicale est nécessaire dans les heures suivantes pour plusieurs raisons : vérifier l'absence de séquelle neurologique, comprendre la cause de l'hypoglycémie sévère, adapter le traitement pour éviter la récidive, et effectuer un bilan des électrolytes si la récupération est incomplète. De plus, après une récupération par glucagon, le foie a épuisé ses réserves de glycogène, une alimentation glucidique est impérative pour les 4 à 6 heures suivantes, sous surveillance.
Sources
Pickup J.C., Sutton A.J. : Severe hypoglycaemia and glycaemic control in type 1 diabetes, meta-analysis of MDI compared with CSII (Diabet Med, 2008) | Gold A.E. et al. : Frequency of severe hypoglycemia in patients with type I diabetes with impaired awareness of hypoglycemia (Diabetes Care, 1994) | Umpierrez G.E. et al. : Hyperglycemic crises in adults with diabetes, a consensus report (Diabetes Care, 2024)
Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.
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