Diabète Campus : le soir où le campus s'est rempli

- ●Ouverture : les premiers membres utilisent Diabète Campus sur Android depuis le 16 août 2026.
- ●Ce que fait l'application : carnet glycémique, suivi de santé, stock et dates de péremption, rendez-vous, documents, et une communauté entre personnes DT1.
- ●Ce qu'elle ne fait pas : aucun diagnostic, aucune dose calculée, aucune décision à votre place. Ce n'est pas un dispositif médical.
- ●Le point important : Google demande qu'un groupe de testeurs garde l'application installée deux semaines d'affilée avant d'autoriser sa publication.
- ●Données de santé : hébergées en France sur une infrastructure certifiée, sans traceur ni mesure d'audience.
Hier, vers 18 heures, j'ai passé un temps ridicule le doigt au-dessus du bouton « Envoyer ».
Une vingtaine de messages étaient prêts. Un par personne, avec leur prénom, le lien pour rejoindre le test, et deux ou trois phrases pour expliquer quoi faire. Rien de compliqué. Sauf que ces messages-là, je les portais depuis des mois. Et qu'une fois partis, il ne serait plus question de mon écran, de mes maquettes et de mes idées, mais de vraies personnes ouvrant une vraie application sur leur vrai téléphone. Avec leurs vraies glycémies dedans.
J'ai relu le premier message quatre fois. J'ai vérifié le lien trois fois. Puis j'ai envoyé.
Les premiers membres de Diabète Campus sont arrivés
Le premier compte est apparu quelques minutes plus tard. Puis un deuxième. Puis j'ai arrêté de compter, et j'ai regardé le campus se remplir comme on regarde une salle se garnir avant un spectacle.
En trois heures, une quinzaine de personnes avaient créé leur compte. Sept s'étaient installées à une table de la Cafétéria. Trois avaient ouvert un cahier de vie et commencé à écrire, ce que je ne pensais pas voir avant plusieurs jours : ouvrir son journal intime le premier soir, devant une application qu'on découvre, ça demande une confiance qui m'a sincèrement remué.
Et les tables se sont mises à parler. Pas des messages polis de politesse : de vraies conversations, de celles qu'on n'a qu'entre gens qui savent de quoi il retourne. J'ai lu ça un dimanche soir en souriant tout seul devant mon ordinateur, et je crois que c'est le meilleur moment de ces derniers mois.
Coulisses d'un lancement : Hyppo a dit bonjour à « quelqu'un »
Tout n'a pas été parfait, évidemment. Ma préférée de la soirée : en testant l'application avec un second compte, je me suis retrouvé assis à une table sans être passé par l'étape du surnom. Hyppo, notre mascotte, m'a alors accueilli avec un enthousiasme intact : « Bonjour quelqu'un, bienvenue à la table ! »
C'est corrigé. Mais j'avoue avoir hésité à le garder.
Ce matin, autre épisode : je n'ai pas reçu ma notification de 6 heures. Panique légère, une heure d'enquête, hypothèses de plus en plus sombres sur l'état de mon application. Jusqu'à ce que je vérifie, et qu'un testeur, lui, l'ait parfaitement reçue. C'était mon téléphone qui avait fait des siennes pendant la nuit. Le métier est plein de ces frayeurs qui s'évaporent en une phrase.
Que trouve-t-on dans l'application Diabète Campus ?
Si vous venez d'arriver, voici ce qui vous attend. Diabète Campus est un campus au sens propre : des bâtiments, chacun avec sa raison d'être.
Mon Casier : stock d'insuline, péremptions et rendez-vous, sans rien avoir à retenir
Le diabète, c'est une charge mentale permanente. Combien de stylos me reste-t-il ? Est-ce que ce flacon a supporté la chaleur de cet été ? Quand ai-je vu l'ophtalmo pour la dernière fois ? Où est cette ordonnance ?
Le Casier prend tout ça en charge. Votre traitement, votre stock et ses dates de péremption, vos rendez-vous, vos contacts d'urgence, vos documents à l'abri, vos listes de voyage et de sortie. L'application vous prévient avant que le stock ne manque, avant que le flacon ne périme. Et quand vous ajoutez une boîte, vous pouvez simplement scanner son code-barres : le nom du produit et la date se remplissent souvent tout seuls, plus de vingt mille médicaments étant reconnus.
L'objectif est simple : ne plus avoir à y penser, parce que quelqu'un y pense pour vous.
Les Cahiers : un carnet glycémique pour redevenir acteur de sa santé
Le Cahier glycémique rassemble vos glycémies avant et après chaque repas, vos doses, vos repas, votre sport, vos collations et vos nuits. Vous les relisez par jour, par semaine, par mois, jusqu'à l'année entière. À la fin, un export PDF prêt pour votre prochaine consultation, pour arriver avec autre chose qu'un « ça allait à peu près ».
Le Cahier de santé tient les huit autres fils : poids, hémoglobine glyquée, tension, fréquence cardiaque, hydratation, sommeil, humeur, cycle menstruel.
Et il y a une chose que ces cahiers ne feront jamais : décider à votre place. Pas de diagnostic, pas de dose calculée, pas de verdict. L'application vous donne la loupe, pas le verdict : elle vous montre vos propres données assez clairement pour que vous en parliez d'égal à égal avec votre équipe soignante. C'est ça, être acteur de son diabète de type 1.
La Cafétéria : une communauté de diabétiques de type 1 pour ne plus être seul
C'est le bâtiment dont je suis le plus fier, et celui qui me faisait le plus peur.
Des tables de discussion entre membres, réservées aux majeurs, animées au fil des saisons par Hyppo. Une table pour les personnes DT1, une autre pour les parents d'enfants diabétiques. On y parle de ce que l'entourage ne comprend jamais tout à fait : la fatigue d'une nuit à 3 h du matin, la remarque de trop d'un collègue, la peur avant un examen, la joie idiote d'une journée parfaitement plate.
On ne guérit personne dans une cafétéria. Mais on y respire mieux.
Les Cahiers de Vie : un journal intime pour vivre avec le diabète
Un journal intime, et des parcours guidés jour après jour pour mettre des mots sur ce que le diabète prend de place. Ce que vous y écrivez n'est lu par personne. Ni par moi, ni par un algorithme, ni par un prestataire. C'est probablement l'endroit le plus intime de l'application, et c'est voulu.
Notifications sur Android : deux réglages qui vous éviteront de me maudire
Les notifications de l'application dépendent des réglages de votre téléphone, et Android est parfois d'humeur économe. Si vous ne recevez rien, deux réglages expliquent l'essentiel.
À vérifier dans la fiche de l'application
- ●Batterie : choisissez « Non restreinte ». Le mode « Optimisé », proposé par défaut, suffit à retarder ou à supprimer une notification.
- ●Alarmes et rappels : autorisez-la, pour que vos rappels arrivent à l'heure dite plutôt qu'au moment où Android le décide.
- ●Après une manipulation : rouvrez l'application une fois, elle repose ses rappels toute seule.
Cela dit, je ne compte pas vous laisser bricoler les réglages de votre téléphone très longtemps. Je suis en train de revoir entièrement le système de notifications, pour qu'il devienne nettement plus fiable et qu'il cesse de dépendre des humeurs d'Android. C'est le chantier des prochaines semaines, et ces deux réglages perdront alors beaucoup de leur importance.
Comment m'aider à améliorer l'application, si vous en avez envie
Rien d'obligatoire ici. Mais si le cœur vous en dit :
Racontez-moi ce qui coince. Un bouton qui ne répond pas, un écran de travers, une phrase mal fichue, une fonction que vous cherchez sans la trouver. Une ligne suffit : « le truc machin marche pas sur mon Samsung » m'est infiniment plus utile qu'un rapport détaillé que vous n'aurez jamais le temps d'écrire. Mon adresse : [email protected].
Et surtout, ne vous dites pas que c'est vous. Si un écran ne se comprend pas, c'est l'écran qui est raté, pas le lecteur.
Laissez-la sur votre téléphone jusqu'à la fin du mois, si vous le voulez bien. Vous n'avez pas besoin de l'ouvrir tous les jours : mon seul véritable ennemi, c'est le grand ménage de printemps.
Pourquoi j'ai créé Diabète Campus
Je vis avec un diabète de type 1. Je suis infirmier. Et pendant longtemps, j'ai jonglé entre six applications, un carnet papier et une mémoire qui n'était pas toujours à la hauteur. Diabète Campus est né de cet agacement-là, puis il est devenu autre chose : l'envie que le diabète prenne un peu moins de place dans une journée.
Hier soir, pour la première fois, ce n'était plus mon projet. C'était le vôtre aussi.
Alors merci d'être entrés. Merci d'avoir installé une application inachevée juste parce que je vous l'ai proposé. Vous allez tomber sur des bugs, et je vais les corriger, et je vous raconterai tout ici.
Bienvenue sur le campus.
Vous découvrez Diabète Campus par cet article ?
Alors soyons clairs : l'application n'est pas encore publique. Elle traverse ses premières semaines de test entre les mains d'un petit groupe, et c'est précisément ce que raconte ce billet. Mais vous pouvez dès maintenant voir à quoi elle ressemble, ce qu'elle contient, et être prévenu le jour où elle ouvrira ses portes à tout le monde.
Diabète Campus.
Questions fréquentes
Mes données seront-elles effacées à la sortie officielle de l'application ?
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Non. Le compte et tout ce qui y est saisi sont conservés : la version de test et la version publique sont la même application. Il n'y a rien à ressaisir le jour de la sortie.
Où sont hébergées les données de santé de Diabète Campus ?
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En France, sur une infrastructure certifiée pour l'hébergement de données de santé. Aucun traceur publicitaire, aucune mesure d'audience, aucune revente, aucune exploitation à des fins de recherche ou d'intelligence artificielle. La suppression du compte se fait d'un seul geste dans l'application.
Faut-il utiliser l'application tous les jours ?
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Non. Certains y notent tout, d'autres seulement leur stock et leurs rendez-vous. Les deux usages sont légitimes.
Quand sortira la version iPhone de Diabète Campus ?
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La version iOS est en cours d'examen chez Apple. La date ne dépend plus de l'éditeur, et elle sera annoncée sur le blog dès qu'elle sera connue.