Alexander Zverev, diabétique de type 1, remporte Roland-Garros 2026

- ●Le fait : Alexander Zverev, diabétique de type 1, a gagné Roland-Garros le dimanche 7 juin 2026, face à Flavio Cobolli, en cinq sets. Premier Grand Chelem de sa carrière, à 29 ans.
- ●Son diabète : DT1 diagnostiqué vers l'âge de 3-4 ans, révélé publiquement en 2022.
- ●En match : capteur de glucose dans le sac de raquettes, contrôle à chaque changement de côté, injections d'insuline faites lui-même.
- ●La portée : le diabète de type 1 est compatible avec le sport de haut niveau ; l'hypoglycémie d'effort doit toutefois être anticipée.
- ●Engagement : il a fondé la Fondation Alexander Zverev pour aider les enfants diabétiques.
Hier, dimanche 7 juin 2026, sur le court Philippe-Chatrier, Alexander Zverev a soulevé pour la première fois de sa carrière la Coupe des Mousquetaires. Pour beaucoup, c'est l'histoire d'un joueur enfin sacré après des années d'attente. Pour nous, patients diabétiques de type 1, c'est bien plus que ça : c'est l'un des nôtres qui vient de gagner Roland-Garros. Et en tant qu'infirmier et moi-même DT1, je ne pouvais pas laisser passer cette actualité sans en parler.
Ce qui s'est passé hier à Roland-Garros
L'Allemand s'est imposé en cinq sets face à l'Italien Flavio Cobolli, au terme d'un combat de plus de quatre heures. À 29 ans, après trois finales de Grand Chelem perdues, dont une déjà à Roland-Garros, Zverev décroche enfin le premier titre majeur de sa carrière. Une délivrance, sur ce même court où il s'était gravement blessé à la cheville quelques années plus tôt.
Mais derrière l'exploit sportif se cache une réalité que peu de spectateurs connaissent : pendant ces quatre heures de jeu, Zverev n'a pas seulement géré son adversaire. Il a aussi géré sa glycémie.
Alexander Zverev, diabétique de type 1 depuis l'enfance
Zverev a été diagnostiqué d'un diabète de type 1 vers l'âge de 3-4 ans. Comme pour beaucoup d'entre nous, le diagnostic a d'abord été un choc pour ses parents. Il a longtemps gardé sa maladie pour lui, avant de la rendre publique en août 2022, expliquant qu'il se sentait enfin assez solide et légitime pour en parler.
Le plus marquant ? On lui avait dit, enfant, qu'il ne pourrait jamais devenir un athlète de haut niveau à cause de sa maladie. Une phrase que des milliers de familles entendent encore aujourd'hui au moment du diagnostic. Hier, il a apporté la réponse la plus éclatante possible. Comme il l'a lui-même écrit : « la seule limite est celle que vous vous fixez ».
Comment gère-t-il son diabète en plein match ?
Zverev garde son capteur de glucose en continu (CGM) dans son sac de raquettes et se contrôle à chaque changement de côté. Il réalise lui-même ses injections d'insuline, parfois directement sur le court pendant les pauses.
En 2019, on l'avait d'ailleurs suspecté de consulter un « téléphone » dans son sac en plein match : c'était en réalité son capteur. Aujourd'hui, il dispose d'une autorisation officielle pour s'administrer son insuline, une hormone vitale pourtant encadrée par les règles antidopage. La Fédération Française des Diabétiques avait rappelé une évidence : s'injecter de l'insuline pour vivre, ce n'est ni se droguer, ni se doper.
Ce que cette victoire change pour nous, patients DT1
Quand on vit avec un diabète de type 1, on entend souvent les « tu ne pourras pas », les « fais attention », les regards inquiets. La victoire de Zverev, c'est un énorme pied de nez à tout ça. Ce n'est pas juste un titre de tennis : c'est une représentation, à l'échelle mondiale, de ce que le DT1 peut accomplir.
Il a d'ailleurs transformé son combat en mission. Avec son frère Mischa, il a fondé en 2022 la Fondation Alexander Zverev (« Serving Against Diabetes »), qui finance l'insuline et les soins des enfants diabétiques dans le monde, et qui porte un message simple aux familles : ne renoncez pas à vos rêves à cause de cette maladie. C'est exactement la force mentale que le diabète finit par forger en nous.
Zverev n'est pas un cas isolé : ces champions qui vivent avec un DT1
Sa victoire s'inscrit dans une longue lignée de sportifs de très haut niveau qui performent avec un diabète de type 1. Le tennis n'a pas le monopole : d'autres disciplines comptent leurs champions DT1.
🏅 Quelques athlètes DT1 qui ont marqué leur discipline
- ●Gary Hall Jr. (natation) — Le nageur américain a remporté dix médailles olympiques, dont plusieurs après son diagnostic de diabète de type 1 en pleine carrière.
- ●Nacho Fernández (football) — Formé et révélé au Real Madrid, ce défenseur vit avec un diabète de type 1 dépisté dans l'enfance, au plus haut niveau du football mondial.
- ●Sébastien Sasseville (endurance) — Diagnostiqué DT1 à 22 ans, ce Canadien a gravi l'Everest et enchaîné les ultra-marathons les plus extrêmes de la planète.
- ●Maxime Bertrand (trail) — Diabétique de type 1 depuis l'enfance, ce traileur français s'illustre sur des ultra-trails parmi les plus relevés.
Leur point commun ? Aucune recette magique, mais une rigueur de tous les instants : surveillance glycémique constante, ajustement de l'insuline à l'effort et collaboration étroite avec leur équipe médicale. Exactement les piliers que je transmets au quotidien.
Diabète de type 1 et sport de haut niveau : la vraie réalité
Soyons honnêtes : ce que Zverev réussit n'a rien d'anodin sur le plan glycémique. Pendant un effort intense, les muscles consomment du glucose indépendamment de l'insuline (via les transporteurs GLUT-4). Résultat : le risque d'hypoglycémie d'effort grimpe en flèche, parfois pendant l'exercice, parfois plusieurs heures après.
Jouer quatre heures de finale en gérant tout ça, c'est un exploit dans l'exploit. Cela demande de connaître ses courbes, d'anticiper le retard du capteur, d'ajuster ses glucides et ses doses au gramme près. Si le sport et le DT1 t'intéressent, je détaille ailleurs comment gérer une collation pré-effort sans finir en hypo.
Important : ces ajustements sont strictement personnels. Ce qui marche pour Zverev, entouré d'une équipe médicale dédiée, ne se copie pas à l'aveugle. Toute adaptation de tes doses à l'effort doit être validée avec ton diabétologue.
✅ Les 4 réflexes que le sport de haut niveau nous rappelle
- ●Anticiper l'hypoglycémie d'effort : selon l'intensité, une réduction du bolus ou de la basale et/ou une collation glucidique avant l'effort, toujours validées avec le diabétologue.
- ●Garder un resucrage rapide à portée de main : l'hypoglycémie peut survenir pendant l'effort, mais aussi plusieurs heures après.
- ●Utiliser le capteur sans confiance aveugle : à l'effort, la glycémie varie vite et le retard du capteur s'accentue ; on confirme au doigt en cas de doute.
- ●S'hydrater et surveiller : la déshydratation déséquilibre la glycémie autant que l'effort lui-même.
Mon regard d'infirmier DT1
Hier soir, en regardant Zverev s'effondrer en larmes sur la terre battue, je n'ai pas seulement vu un champion. J'ai vu un gamin diagnostiqué DT1 à qui on avait dit « non », et qui vient de prouver le contraire devant le monde entier. C'est ça, devenir le pilote de sa propre santé.
Reprendre la main sur votre diabète
Que tu fasses du tennis, de la marche ou que tu cherches simplement à stabiliser tes glycémies au quotidien, le principe est le même : comprendre ton corps pour reprendre le contrôle. En tant qu'infirmier et patient DT1, c'est tout le sens de mon accompagnement.
Diabète Campus.
Questions fréquentes : Alexander Zverev, le diabète et le sport
Alexander Zverev est-il vraiment diabétique ?
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Oui. Zverev a révélé publiquement en août 2022 vivre avec un diabète de type 1 depuis l'enfance, diagnostiqué vers l'âge de 3 à 4 ans. Il gère sa maladie au quotidien, y compris pendant ses matchs professionnels.
Quel type de diabète a Alexander Zverev ?
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Un diabète de type 1 (DT1), maladie auto-immune où le pancréas ne produit plus d'insuline. Il dépend d'injections d'insuline à vie, contrairement au diabète de type 2, lié à une résistance à l'insuline.
Comment Zverev gère-t-il sa glycémie pendant un match ?
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Il garde son lecteur de glucose dans son sac de raquettes et se contrôle à chaque changement de côté. Il réalise ses injections lui-même et bénéficie d'une autorisation officielle pour s'administrer son insuline, normalement encadrée par les règles antidopage.
Peut-on faire du sport de haut niveau avec un diabète de type 1 ?
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Oui, la victoire de Zverev à Roland-Garros 2026 le prouve. Mais cela exige une gestion glycémique rigoureuse : l'effort fait consommer du glucose par les muscles indépendamment de l'insuline, augmentant le risque d'hypoglycémie. Toute adaptation des doses doit être validée avec un diabétologue.
Qu'est-ce que la Fondation Alexander Zverev ?
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Créée en 2022 avec son frère Mischa, elle vient en aide aux enfants diabétiques de type 1, notamment en fournissant insuline et médicaments vitaux dans les pays en développement, avec un message d'espoir : le diabète ne doit pas empêcher de réaliser ses rêves.
Le diabète de type 1 empêche-t-il de faire du sport ?
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Non, au contraire : l'activité physique est bénéfique et recommandée pour les diabétiques de type 1. Le sport de haut niveau lui-même est possible, comme le montrent Zverev et d'autres champions. Il demande une gestion glycémique rigoureuse et un suivi médical, car l'effort peut provoquer des hypoglycémies pendant ou après l'exercice.
Quels autres sportifs sont diabétiques de type 1 ?
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Plusieurs athlètes de haut niveau vivent avec un DT1 : le nageur olympique Gary Hall Jr. (dix médailles olympiques), le footballeur Nacho Fernández formé au Real Madrid, ou des spécialistes de l'endurance comme le Canadien Sébastien Sasseville. Tous gèrent leur glycémie au quotidien tout en performant.






