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Jean-Marc Brouart, sapeur-pompier et DT1, élu président de la Fédération Française des Diabétiques

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DiabeteCampus
7 juin 2026
13 min de lecture
Jean-Marc Brouart, sapeur-pompier DT1 élu président de la Fédération Française des Diabétiques, à côté du logo de la Fédération

Le 27 mai 2026, la Fédération Française des Diabétiques a annoncé l'élection de Jean-Marc Brouart à sa présidence. Derrière cette information institutionnelle se cache un symbole qui me touche directement, en tant qu'infirmier et diabétique de type 1 (DT1) : pour la première fois, c'est un sapeur-pompier vivant avec un diabète de type 1 qui prend la tête de l'organisation qui défend nos droits.

Ce n'est pas un détail. C'est le cœur d'un combat qui empoisonne la vie de milliers de patients : celui des métiers interdits. Décryptage de cette nomination et de ce qu'elle change réellement pour nous.

Qui est Jean-Marc Brouart, le nouveau président ?

Jean-Marc Brouart n'est pas un dirigeant associatif sorti de nulle part. C'est avant tout un sapeur-pompier professionnel qui, comme moi, a vu sa vie basculer le jour où le diabète de type 1 est entré dans son quotidien. Sauf que dans son cas, ces deux réalités étaient, aux yeux de la réglementation, tout simplement incompatibles.

Plutôt que de subir, il a transformé son expérience personnelle en action collective. Engagé à la Fédération dès 2018 sur la question des métiers interdits, il a porté la dynamique de l'association départementale de la Somme (l'AFD 80), qu'il préside, avant de rejoindre les instances nationales comme administrateur et patient expert. Père de deux garçons et particulièrement sensible à la cause des jeunes, il a multiplié les actions de terrain : Cafés Diabètes, accompagnement des familles, prévention dans les collèges et lycées.

Son élection à la présidence nationale est donc l'aboutissement logique d'un parcours où l'engagement est né d'une injustice vécue dans sa propre chair. C'est exactement ce qui fait, à mon sens, la force d'un porte-parole.

Diabète et métiers interdits : pourquoi ce combat est central

Pour comprendre la portée de cette élection, il faut rappeler une réalité que beaucoup ignorent encore. En France, le diabète de type 1 traité par insuline ferme l'accès, par principe, à toute une série de professions, en particulier les métiers de la sécurité : armée, gendarmerie, sapeurs-pompiers, mais aussi pilote de ligne, contrôleur aérien ou certaines fonctions du réseau ferroviaire.

Le plus violent ? Cette exclusion ne touche pas seulement les candidats. Une personne qui exerce déjà l'un de ces métiers et chez qui le diabète se déclare en cours de carrière peut être déclarée inapte et perdre son emploi. Du jour au lendemain, la maladie devient un motif de licenciement déguisé.

La loi du 6 décembre 2021 : une avancée encore inachevée

Sous l'impulsion de la Fédération Française des Diabétiques, la loi n° 2021-1575 du 6 décembre 2021 est venue poser un principe simple et juste : remplacer l'exclusion automatique par une évaluation médicale au cas par cas. L'idée est de juger les capacités réelles du candidat, et non de l'écarter d'un revers de main parce qu'une case "diabète" est cochée.

Sur le papier, c'est une victoire. Dans les faits, l'application traîne. La police nationale a basculé vers une appréciation au cas par cas après un décret de fin 2022. Mais les sapeurs-pompiers, les gendarmes et les militaires restent, eux, très largement exclus de principe. Le chantier réglementaire est loin d'être bouclé.

Les tribunaux commencent à faire bouger les lignes

Là où la réglementation est lente, la justice avance. En novembre 2025, le tribunal administratif de Rennes a annulé le refus opposé à un diabétique de type 1 candidat à la réserve opérationnelle de la police, estimant que l'inaptitude avait été prononcée sans élément concret et sans tenir compte des traitements modernes. C'est précisément l'argument de fond : on ne peut plus raisonner avec les critères médicaux d'il y a vingt ans.

Vous êtes confronté à une inaptitude liée à votre diabète ?

Trop de patients abandonnent leur projet professionnel par méconnaissance de leurs droits. En tant qu'infirmier et DT1, mon rôle est de vous aider à construire un dossier solide : démontrer la stabilité de votre glycémie, valoriser vos données de capteur en continu et parler le langage du médecin du travail.

Vous n'êtes pas qu'une ligne sur un référentiel d'aptitude. Vous êtes une personne dont la maladie est aujourd'hui maîtrisable.

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Une élection dans la continuité d'un collectif

Cette nomination intervient dans un moment particulier pour la Fédération. Elle fait suite à la disparition récente de Jacky Vollet, ancien président dont l'humanisme et la proximité avec les associations locales continuent d'inspirer le mouvement. L'intérim avait été assuré par Jean-François Thébaut, désormais vice-président en charge du plaidoyer.

Jean-Marc Brouart a fait de la continuité son mot d'ordre. Il s'inscrit dans le projet stratégique de la Fédération, baptisé Horizon Diabète 2028, dont l'ambition est de renforcer l'impact du réseau d'associations locales sur le terrain. Son message : ne pas tout changer, mais accélérer ce qui doit l'être, en s'appuyant sur la force du tissu associatif et de l'engagement bénévole.

Au-delà des avancées réglementaires, il insiste sur un enjeu qui me parle énormément : faire évoluer les mentalités. Car le vrai combat, ce n'est pas seulement de changer un texte de loi, c'est de changer le regard que la société porte sur ce que signifie vivre et travailler avec un diabète aujourd'hui.

Mon regard d'infirmier DT1 : la science a déjà tranché

Si je tenais à traiter cette actualité sur le Campus, c'est parce qu'elle illustre un décalage flagrant entre la réglementation et la réalité médicale de 2026.

Les textes qui interdisent ces métiers reposent sur une vision dépassée du diabète de type 1 : celle d'un patient imprévisible, exposé à des malaises hypoglycémiques incontrôlables. Mais entre-temps, la technologie a tout changé. Avec les capteurs de glycémie en continu, les alertes prédictives et les systèmes de boucle fermée hybride (la pompe qui ajuste seule l'insuline en fonction des données du capteur), un DT1 bien équipé et bien éduqué dispose d'une sécurité que beaucoup n'imaginent pas.

C'est tout le paradoxe : on continue d'écarter des candidats pleinement capables, au nom d'un risque que les outils modernes et l'éducation thérapeutique ont déjà largement neutralisé. Voir un sapeur-pompier diabétique présider la Fédération, c'est la meilleure preuve vivante que l'argument de l'incompatibilité ne tient plus. Et c'est aussi un encouragement, pour chacun d'entre nous, à ne plus accepter d'être réduit à une étiquette.

Reprendre la main sur sa glycémie, c'est aussi reprendre la main sur ses choix de vie et de carrière. C'est exactement le message que je porte au quotidien sur Diabète Campus.

Diabète Campus.

FAQ : Jean-Marc Brouart, métiers interdits & diabète

Qui est Jean-Marc Brouart, le nouveau président de la Fédération Française des Diabétiques ?

C'est un sapeur-pompier professionnel vivant avec un diabète de type 1. Engagé à la Fédération depuis 2018 sur la question des métiers interdits, président de l'association de la Somme (AFD 80) et administrateur national, il a été élu président de l'organisation en mai 2026, dans la continuité du travail mené après le décès de Jacky Vollet.

Un diabétique de type 1 peut-il être sapeur-pompier en France ?

Le métier de sapeur-pompier fait partie des professions historiquement interdites par principe aux personnes traitées par insuline. La loi du 6 décembre 2021 a posé le principe d'une évaluation au cas par cas, mais dans les faits l'accès reste très difficile, comme pour les gendarmes et les militaires. Le parcours de Jean-Marc Brouart montre que c'est possible, mais encore loin d'être acquis.

Quels métiers sont encore interdits aux personnes diabétiques de type 1 ?

Restent largement fermés de principe : les armées et écoles militaires, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers, ainsi que des fonctions de sécurité comme pilote de ligne, contrôleur aérien ou certaines fonctions ferroviaires. Depuis un décret de fin 2022, la police nationale s'évalue désormais au cas par cas.

Qu'est-ce que la loi du 6 décembre 2021 sur les métiers interdits ?

C'est la loi n° 2021-1575 du 6 décembre 2021 relative aux restrictions d'accès à certaines professions en raison de l'état de santé. Portée par la Fédération Française des Diabétiques, elle impose de remplacer l'exclusion de principe par une évaluation individualisée de l'aptitude. Son application métier par métier reste en cours.

Pourquoi cette élection est-elle un symbole pour les diabétiques ?

Parce qu'un sapeur-pompier vivant avec un DT1 prend la tête de l'organisation qui défend les droits des personnes diabétiques. Sa présence à ce poste prouve que des fonctions longtemps jugées incompatibles avec le diabète peuvent être exercées en sécurité grâce aux traitements modernes, et que le combat contre les métiers interdits progresse.

Source de l'information : communiqué de la Fédération Française des Diabétiques (27 mai 2026). Cet article propose une analyse éditoriale indépendante de Diabète Campus.

Métiers interditsDiabète et travailFédération Française des Diabétiques
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