📖 Lexique DT1

Jeûne, Ramadan et diabète de type 1

Terminologie : ramadan et diabète, jeûne et insuline, jeûne intermittent DT1

En bref

Le Ramadan et le jeûne prolongé représentent un défi glycémique majeur pour les DT1. Les autorités religieuses islamiques exemptent généralement les personnes DT1 du jeûne en raison du risque vital. Pour celles qui choisissent de jeûner, les recommandations internationales (IDF et DAR International Alliance, 2021) prévoient une évaluation médicale avant le Ramadan, une adaptation de l'insuline décidée avec l'équipe soignante (le choix de la basale, par exemple Tresiba ou Toujeo, en fait partie) et une surveillance CGM rapprochée.

Jeûne, Ramadan, qu'est-ce que c'est ?

Le Ramadan oblige les musulmans adultes à s'abstenir de manger et boire du lever au coucher du soleil pendant un mois lunaire. Pour un DT1, ce jeûne de 12 à 18 heures représente un risque médical sérieux : hypoglycémies diurnes (notamment si l'insuline n'est pas adaptée), hyperglycémies nocturnes et post-rupture du jeûne (repas très riches), et risque d'acidocétose. La plupart des autorités religieuses islamiques considèrent que les personnes dont la santé est compromise par le jeûne sont exemptées de cette obligation. Les DT1 font partie des personnes exemptées selon la majorité des avis religieux.

Jeûne, Ramadan : le mécanisme

Pendant le jeûne diurne : absence d'apport glucidique → hypoglycémie progressive si la dose d'insuline basale n'est pas réduite et si aucune correction n'est possible (impossibilité de manger pendant le jeûne). Lors de la rupture du jeûne (Iftar, repas du soir) : repas souvent très riches en glucides rapides → pic hyperglycémique brutal nécessitant un bolus important, difficile à calculer précisément. Lors du repas avant l'aube (Suhoor) : risque d'hypoglycémie nocturne si le bolus du Suhoor est mal calculé.

Jeûne, Ramadan en chiffres

L'étude EPIDIAR (Salti et al., Diabetes Care, 2004), menée dans 13 pays auprès de 12 243 personnes diabétiques dont 1 070 DT1, a montré que 42,8 % des DT1 jeûnaient au moins 15 jours pendant le Ramadan. Chez eux, les hypoglycémies sévères étaient près de 5 fois plus fréquentes pendant le Ramadan que les autres mois (0,14 contre 0,03 épisode par mois), et plus fréquentes chez ceux qui avaient modifié leurs doses ou leur activité physique. Les recommandations IDF-DAR 2021 (Hassanein et al.) consacrent une partie spécifique au jeûne avec un DT1.

Jeûne, Ramadan au quotidien avec un DT1

Ce que prévoient les recommandations internationales sur le diabète et le Ramadan (IDF et DAR International Alliance, 2021), une fois la décision de jeûner prise avec votre médecin : • Une basale adaptée au rythme du jeûne : passage à Tresiba pour sa souplesse horaire, ou injection de Lantus ou de Toujeo au coucher, selon ce que décide votre diabétologue • Une basale le plus souvent réduite pendant le jeûne • Un bolus du Suhoor (avant l'aube) calculé sur les glucides prévus, souvent réduit lui aussi • Un bolus de l'Iftar (rupture du jeûne) ajusté selon les glycémies observées après ce repas • Un capteur actif en permanence, avec des alarmes réglées avec votre équipe • Les pourcentages de réduction se fixent avec votre diabétologue, d'après vos propres courbes • Et la règle absolue, qui n'est pas négociable : rompre le jeûne si la glycémie descend sous 0,70 g/L (70 mg/dL, 3,9 mmol/L). La religion autorise à rompre le jeûne pour préserver la vie.

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ Le Ramadan revient chaque année dans les questions, et c'est un sujet que je refuse de traiter par un « non » automatique : la dimension spirituelle compte, et elle se respecte. Ce qui compte tout autant, c'est que le jeûne avec un DT1 se prépare, avec son diabétologue, plusieurs semaines avant, et pas la veille. Le message que je martèle : rompre le jeûne est obligatoire si la glycémie descend sous 0,70 g/L. Aucune autorité religieuse sérieuse ne demande de risquer sa vie pour jeûner. Préparer ce mois-là fait partie de ce qu'on peut travailler ensemble dans l'accompagnement.

Jeûne, Ramadan : questions fréquentes

Un DT1 est-il obligé de jeûner pendant le Ramadan ?

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Non. La grande majorité des autorités religieuses islamiques exemptent les personnes DT1 du jeûne obligatoire du Ramadan, car le diabète de type 1 représente un risque vital documenté. Cette exemption est validée par le Haut Conseil Théologique de la grande mosquée de Paris et par la plupart des oulémas contemporains. Un DT1 peut accomplir le Ramadan par d'autres moyens (prières renforcées, charité) sans jeûner. Pour ceux qui souhaitent jeûner malgré tout, une consultation médicale préalable est indispensable.

Quelle insuline basale choisir pour le Ramadan ?

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Tresiba (insuline dégludec) est souvent privilégiée pendant le Ramadan pour la souplesse de son horaire : l'injection peut être déplacée, à condition de garder au moins 8 heures entre deux injections. Toujeo peut également être utilisée. Un changement de basale se prépare avant le Ramadan, plusieurs semaines à l'avance, sous supervision médicale.

Sources

Salti I. et al. : EPIDIAR, diabetes during the fasting month of Ramadan in 13 countries (Diabetes Care, 2004) | Hassanein M. et al. : Diabetes and Ramadan: Practical guidelines 2021 (Diabetes Res Clin Pract, 2022)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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