📖 Lexique DT1

Chirurgie et diabète de type 1

Terminologie : opération chirurgicale, intervention chirurgicale, périopératoire, bloc opératoire

En bref

Toute chirurgie est une situation à risque pour un DT1 : le jeûne préopératoire, le stress chirurgical et l'anesthésie peuvent provoquer des hyperglycémies ou des hypoglycémies sévères. Un protocole précis doit être établi avec l'équipe chirurgicale et l'anesthésiste avant toute intervention. Les gliflozines (SGLT2, comme Forxiga) n'ont plus d'indication dans le DT1 en Europe depuis le 25 octobre 2021 ; si l'une d'elles est prise malgré tout, son arrêt avant l'intervention, en raison du risque d'acidocétose, se décide avec le prescripteur et l'anesthésiste. L'insuline basale, elle, ne s'arrête jamais.

Chirurgie, qu'est-ce que c'est ?

La prise en charge chirurgicale des DT1 nécessite une coordination entre le chirurgien, l'anesthésiste et le diabétologue ou l'IDE DT1. Les enjeux sont multiples : maintenir une glycémie acceptable en peropératoire (entre 0,90 et 1,80 g/L selon les recommandations SFAR-SFD de 2018), éviter les hypoglycémies inopérantes sous anesthésie générale, adapter l'insulinothérapie au jeûne obligatoire, et anticiper l'insulinorésistance liée au stress chirurgical. Les DT1 sous pompe à insuline peuvent souvent la conserver en peropératoire selon le type d'intervention et l'accord de l'anesthésiste.

Chirurgie : le mécanisme

Le stress chirurgical déclenche une réponse hormonale : libération massive de cortisol, catécholamines, glucagon et hormone de croissance → insulinorésistance et hyperglycémie peropératoire. Le jeûne, à l'inverse, supprime l'apport glucidique → risque d'hypoglycémie si l'insuline basale n'est pas adaptée. L'anesthésie générale masque tous les signes cliniques d'hypoglycémie, seule la surveillance glycémique régulière peropératoire permet la détection. Selon les recommandations SFAR-SFD de 2018, une hyperglycémie périopératoire au-delà de 1,80 g/L (180 mg/dL, 10 mmol/L) augmente la morbidité.

Chirurgie en chiffres

Les recommandations françaises SFAR-SFD (Cheisson G. et al., Anaesthesia Critical Care & Pain Medicine, 2018) retiennent qu'une hyperglycémie périopératoire au-delà de 1,80 g/L augmente la morbidité, et qu'une glycémie maintenue entre 0,90 et 1,80 g/L (90 à 180 mg/dL, 5 à 10 mmol/L) sous insuline la réduit, alors qu'une normoglycémie stricte expose davantage aux hypoglycémies. Après l'intervention, une glycémie sous 0,60 g/L (60 mg/dL, 3,3 mmol/L) impose un apport de glucose immédiat, et au-delà de 3 g/L (300 mg/dL, 16,7 mmol/L) chez une personne sous insuline, la recherche de cétose est systématique. Sur les infections du site opératoire, la revue Cochrane de Kao et al. (2009) n'a trouvé que 5 essais, trop hétérogènes pour être regroupés : le bénéfice d'un contrôle strict n'est pas chiffré. Ces repères se préparent avant toute hospitalisation programmée.

Chirurgie au quotidien avec un DT1

Ce que prévoient généralement les protocoles chirurgie et DT1 : • J-7 : informer l'anesthésiste du DT1, du traitement, du type de capteur et de pompe • J-3 : si une gliflozine (SGLT2, comme Forxiga) est prise malgré tout (elle n'a plus d'indication dans le DT1 depuis octobre 2021, mais peut être prescrite pour une autre raison), son arrêt avant l'intervention est habituellement prévu, à décider avec le prescripteur • La veille : l'insuline basale du soir est souvent réduite d'environ 20 %, pour un jeûne à partir de minuit • Le jour J : la basale ne s'arrête JAMAIS, elle est réduite (souvent de 20 à 30 %) ou adaptée selon le protocole de l'anesthésiste ; la glycémie est mesurée au réveil et pendant l'intervention • Après l'opération : reprise progressive de l'alimentation et des bolus, surveillance rapprochée du capteur. Les chiffres exacts sont ceux que fixe votre équipe.

Nicolas Zeghmati, infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus
Nicolas Zeghmati
Infirmier Diplômé d'État, patient DT1, fondateur Diabète Campus

✅ La chirurgie est l'une des situations qui m'inquiètent le plus quand on vit avec un DT1. Le scénario catastrophe est toujours le même : arrêter toute son insuline « puisqu'on ne mange pas », et arriver en acidocétose au bloc. L'insuline basale ne s'arrête jamais. Elle se réduit, elle s'adapte, mais elle ne s'arrête pas, et c'est votre équipe qui fixe de combien. Le réflexe qui aide vraiment : préparer une feuille écrite pour l'équipe chirurgicale avec le type de diabète, le traitement habituel, les objectifs glycémiques et le contact du diabétologue. C'est ce qu'on prépare ensemble dans l'accompagnement.

Chirurgie : questions fréquentes

Faut-il arrêter l'insuline basale la veille d'une opération pour un DT1 ?

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Non, jamais. L'insuline basale (Lantus, Tresiba, Toujeo, Levemir) ne s'arrête pas lors d'un jeûne préopératoire. Elle se réduit généralement de 20 à 30% le soir précédant l'intervention et le matin de l'opération. Arrêter totalement l'insuline basale chez un DT1 peut provoquer une acidocétose en quelques heures. Le protocole exact doit être établi par l'anesthésiste en coordination avec le diabétologue.

Peut-on garder sa pompe à insuline pendant une opération ?

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Souvent oui, selon le type d'intervention. De nombreux anesthésistes acceptent le maintien de la pompe en débit basal réduit pendant les interventions courtes. Pour les interventions longues ou avec utilisation d'équipements électrochirurgicaux (bistouri électrique), la pompe peut interférer, discussion préopératoire obligatoire. Le capteur CGM doit généralement être retiré du champ opératoire mais peut rester en place à distance.

Sources

Cheisson G. et al. (SFAR-SFD) : Perioperative management of adult diabetic patients, intraoperative and postoperative periods (Anaesth Crit Care Pain Med, 2018) | Kao L.S. et al. : Peri-operative glycaemic control regimens for preventing surgical site infections in adults (Cochrane Database Syst Rev, 2009)

Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.

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