Schéma basal-bolus et diabète de type 1
Terminologie : basal-bolus DT1, insulinothérapie intensifiée, traitement référence diabète type 1, 4 injections quotidiennes DT1, MDI schéma basal-bolus
En bref
Le schéma basal-bolus est le traitement de référence du DT1, combinant une insuline lente (basale) couvrant les besoins de fond et une insuline rapide (bolus) à chaque repas. Il reproduit fidèlement la sécrétion physiologique du pancréas et permet une liberté alimentaire totale associée à l'ITF.
Schéma basal-bolus, qu'est-ce que c'est ?
Avant le schéma basal-bolus, les DT1 utilisaient des schémas rigides à 1 ou 2 injections d'insuline mixte pré-mélangée (lente + rapide) qui imposaient des repas fixes à heures fixes avec des quantités précises de glucides. Le schéma basal-bolus, généralisé dans les années 1990, a transformé cette réalité : l'insuline lente assure un fond stable sur 24h, et les bolus s'adaptent à chaque repas selon les glucides réels consommés. Associé à l'insulinothérapie fonctionnelle (ITF), il offre une liberté alimentaire totale qui était impossible avec les anciens schémas conventionnels.
Schéma basal-bolus : le mécanisme
Le schéma basal-bolus découpe la gestion insulinique en 2 composantes distinctes. La basale : administrée 1 à 2 fois par jour avec un analogue lent (Lantus, Toujeo, Tresiba, Levemir), elle freine la néoglucogenèse hépatique et maintient la glycémie stable entre les repas et la nuit. Les bolus : administrés avec un analogue rapide (Novorapid, Humalog, Fiasp) avant chaque repas (bolus prandial = glucides ÷ ICR) et pour corriger les hyperglycémies (bolus correctif = écart glycémique ÷ ISF, moins l'IOB). La répartition entre basale et bolus est propre à chacun et se règle avec le diabétologue. Cette dualité reproduit les 2 composantes de la sécrétion pancréatique saine.
Schéma basal-bolus en chiffres
L'étude DCCT (NEJM, 1993) a comparé chez 1 441 personnes DT1 un traitement intensif (au moins 3 injections par jour ou pompe à insuline, guidé par l'autosurveillance) au traitement conventionnel de l'époque (1 à 2 injections par jour). Avec une HbA1c médiane d'environ 7 % contre 9 % (DCCT/EDIC, Diabetes Care, 2014), le traitement intensif a réduit de 76 % l'apparition de la rétinopathie, de 54 % l'albuminurie et de 60 % la neuropathie clinique. Son principal effet indésirable était un risque d'hypoglycémie sévère multiplié par 2 à 3. Ces résultats ont fait du traitement intensif, dont le schéma basal-bolus est la forme actuelle en injections, la référence dans le DT1.
Schéma basal-bolus au quotidien avec un DT1
Organisation pratique du schéma basal-bolus en MDI. Matin : bolus petit déjeuner + basale si injection le matin. Midi : bolus déjeuner ± correction. Soir : bolus dîner ± correction. Coucher : basale si injection le soir ± vérification CGM nocturne. Règle diagnostique fondamentale : si la glycémie monte entre les repas à jeun → c'est la basale à revoir. Si les glycémies déraillent après les repas seulement → c'est l'ICR à ajuster. Cette distinction évite l'erreur classique de compenser une basale insuffisante par des bolus excessifs.
✅ L'image que j'utilise toujours pour séparer les deux composantes : la Lantus, c'est le fond de teint, elle reste là toute la journée. La Novorapid, c'est le correcteur, on l'applique au moment des repas selon ce qu'on mange. Cette image toute bête aide à retenir le rôle de chaque insuline, et surtout à comprendre pourquoi on n'arrête jamais la basale, même à jeun, même en vomissant.
Schéma basal-bolus : questions fréquentes
1Combien d'injections par jour implique un schéma basal-bolus standard ?
▼
Généralement 4 à 6 injections par jour : 1 à 2 de basale selon l'analogue choisi, 3 bolus repas, et 0 à 2 corrections selon les glycémies de la journée. La pompe à insuline permet de passer à une seule insertion de canule tous les 2 à 3 jours tout en conservant tous les avantages du schéma basal-bolus, c'est l'un de ses principaux avantages pratiques.
2Le schéma basal-bolus est-il adapté à tous les âges dans le DT1 ?
▼
Oui, avec des ajustements selon l'âge. Chez les nourrissons : les bolus peuvent être administrés après le repas (quantité de glucides souvent imprévisible chez un enfant qui peut refuser de finir son assiette). Chez les adolescents : augmentation importante des doses avec la puberté nécessitant des révisions fréquentes. Chez les personnes âgées fragiles : objectifs glycémiques plus larges et schémas simplifiés pour réduire le risque d'hypoglycémies sévères.
Sources
DCCT Research Group : The effect of intensive treatment of diabetes on the development and progression of long-term complications (NEJM, 1993) | Nathan D.M. et al. : The DCCT/EDIC study at 30 years: overview (Diabetes Care, 2014)
Ces informations sont données à titre éducatif par un Infirmier Diplômé d'État, lui-même patient DT1. Cette fiche ne remplace pas l'avis de votre médecin ni le protocole personnalisé établi par votre équipe soignante. Les ordres de grandeur cités ne sont pas des consignes : n'ajustez jamais vos doses sur la base de cette page.
Termes liés
🆕 Termes approfondis dans le lexique
Accompagnement DT1
Accompagnement individuel par un infirmier, lui-même diabétique de type 1.
Découvrir l'accompagnement →