Diabète de type 1 de l'adulte : les recommandations 2026 (consensus ADA et EASD) et ce qu'elles changent en France

- ●Le texte : le consensus de l'Association américaine du diabète (ADA) et de l'Association européenne pour l'étude du diabète (EASD), publié le 16 septembre 2026 dans Diabetologia. Il remplace celui de 2021.
- ●Les technologies : le capteur en continu est le standard de soins, le capteur qu'on scanne est jugé dépassé, et la boucle fermée est la méthode optimale si elle est utilisée régulièrement.
- ●Les cibles : HbA1c sous 7 %, plus de 70 % du temps entre 0,70 et 1,80 g/L (70 à 180 mg/dL, 3,9 à 10 mmol/L), moins de 4 % sous 0,70 g/L, avec des objectifs assouplis pour certaines personnes.
- ●Ce qui n'est pas recommandé en routine : les insulines à 1 injection par semaine, et tout médicament ajouté à l'insuline, metformine comprise.
- ●En France : la boucle fermée remboursée suppose d'avoir déjà utilisé une pompe, et plusieurs capteurs récents ne sont remboursés qu'à l'intérieur d'une boucle. Aucune recommandation française récente ne couvre le diabète de type 1 de l'adulte.
Le 16 septembre 2026, la revue Diabetologia a mis en ligne un document de 54 pages très attendu par les équipes soignantes. Les 2 grandes sociétés savantes du diabète, l'américaine et l'européenne, y réécrivent ensemble la façon de soigner un diabète de type 1 à l'âge adulte. Parmi les auteurs, un seul Français : le professeur Éric Renard, du CHU de Montpellier.
Ce texte n'est ni une loi, ni une recommandation de la Haute Autorité de santé. C'est un consensus d'experts. Mais il pèse lourd, parce que c'est lui que les équipes soignantes citent ensuite en consultation, et parce que les autorités de santé s'en servent pour faire évoluer les remboursements.
Nous l'avons lu en entier, et nous avons fait ce que le document ne fait pas : pour chaque recommandation, regarder ce qu'elle devient en France. Le mot « remboursement » n'apparaît pas une seule fois dans ces 54 pages, et la France n'y est jamais citée. C'est pourtant la première question que vous vous poserez.
Le capteur de glucose en continu devient la norme pour le diabète de type 1
C'est la phrase la plus nette du document : la mesure continue du glucose est « the standard of care », le standard de soins, pour les adultes vivant avec un diabète de type 1. Le consensus la justifie ainsi : elle aide à atteindre les objectifs glycémiques, réduit les hypoglycémies et améliore la qualité de vie.
Il va plus loin sur un point qui concerne beaucoup de lecteurs : il distingue le capteur en temps réel, qui transmet les valeurs en continu au téléphone ou à la pompe, et le capteur qu'on scanne pour lire sa glycémie. Ce dernier, écrit-il, « has been superseded » : il est dépassé par le temps réel. Le texte rappelle aussi qu'il faut toujours garder un lecteur de glycémie et de quoi mesurer les cétones, et que les données du capteur doivent être relues à chaque consultation.
Capteurs de glucose remboursés en France pour un adulte
Pour un adulte diabétique de type 1 sous insulinothérapie intensifiée (pompe ou au moins 3 injections par jour), l'Assurance maladie rembourse plusieurs capteurs utilisables seuls, en dehors de toute boucle. La première prescription, et celle qui suit la période d'essai de 1 à 3 mois, reviennent à un diabétologue ; le renouvellement peut ensuite être fait par tout médecin.
| Capteur | Remboursé seul, hors boucle ? | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Dexcom ONE+ | Oui | Temps réel, valeurs transmises toutes les 5 minutes. |
| FreeStyle Libre Select | Oui | Temps réel, avec l'application FreeStyle Libre 3. Capteur de 15 jours. |
| FreeStyle Libre 2 et 2 Plus | Oui | Classés « système flash » par la HAS : avec le lecteur, on scanne ; les alarmes passent par l'application. |
| Dexcom G7, FreeStyle Libre 3 Plus, Simplera | Non | Remboursés uniquement associés à une boucle fermée. |
Ce qui coince : le capteur le plus répandu en France, le FreeStyle Libre 2 ou 2 Plus, reste officiellement un système « flash », c'est-à-dire la catégorie que le consensus juge dépassée. Ce n'est pas une raison de le jeter : il reste bien plus utile que des piqûres au doigt seules, et ses alarmes fonctionnent avec l'application. C'est en revanche une bonne question à poser à votre diabétologue si votre équilibre reste difficile : un capteur en temps réel remboursé seul existe. Nous avions comparé les grandes familles de capteurs dans notre article sur les capteurs de glycémie.
La boucle fermée, meilleur moyen d'administrer l'insuline (si on l'utilise vraiment)
Le consensus est clair : « Automated insulin delivery (AID) systems are the optimal method of insulin delivery if used consistently ». Les systèmes d'administration automatisée d'insuline, ce qu'on appelle la boucle fermée, sont la meilleure façon d'administrer l'insuline. La condition compte autant que la phrase : à condition de les utiliser régulièrement.
Le texte en donne les bénéfices démontrés : une HbA1c plus basse, plus de temps dans la cible, sans hausse des hypoglycémies mesurées par le capteur, et souvent une meilleure qualité de vie. Il ajoute une nuance que l'on lit rarement : les études « have not generally demonstrated » une baisse des hypoglycémies sévères, celles qui demandent l'aide d'un tiers. Dans une étude citée par le consensus, 16,6 % des utilisateurs de boucle fermée déclaraient encore au moins une hypoglycémie sévère dans l'année. La boucle aide beaucoup ; elle ne supprime pas le risque.
L'hypoglycémie sous boucle fermée, selon le consensus
- ●La règle générale ne change pas : 15 g de sucre rapide, puis un contrôle 15 minutes plus tard. Voir la fiche resucrage.
- ●Sous boucle fermée, moins peut suffire : le consensus écrit que 5 à 10 g peuvent être nécessaires, parce que l'algorithme a déjà réduit ou coupé l'insuline de fond, et qu'un resucrage trop généreux peut faire remonter la glycémie trop haut ensuite. Cette quantité se discute avec votre équipe, selon votre système.
- ●Pour savoir si l'hypoglycémie est finie, le capteur peut réagir en retard : chez les personnes qui ont tendance à trop se resucrer, le consensus conseille de vérifier au doigt.
Boucle fermée en France : remboursement et conditions
Plusieurs systèmes sont pris en charge pour un adulte diabétique de type 1. Les conditions communes, fixées par la HAS en 2024, sont plus souples qu'avant : il n'y a plus de seuil d'HbA1c ni de délai minimal sous pompe. Mais il reste une condition décisive : ces systèmes sont réservés aux personnes ayant déjà utilisé une pompe à insuline, dont l'objectif glycémique n'est pas atteint malgré un traitement bien conduit.
| Système | Pompe | Capteurs pris en charge |
|---|---|---|
| MiniMed 780G | 780G | Guardian 4, Simplera Sync (depuis mai 2026) |
| t:slim X2 Control-IQ | t:slim X2 | Dexcom G6, Dexcom G7 |
| Omnipod 5 | Pompe patch Omnipod 5 | Dexcom G6, Dexcom G7, FreeStyle Libre 2 Plus |
| CamAPS FX | YpsoPump | Dexcom G6, FreeStyle Libre 3, FreeStyle Libre 3 Plus |
| DBLG1 (Diabeloop) | Kaleido | Dexcom G6 (conditions de prise en charge plus anciennes) |
La prescription se fait dans un centre initiateur de pompes, avec une période d'essai de 1 mois au plus. La boucle est maintenue si le capteur est porté et la boucle active au moins 75 % du temps. Le changement de système n'est en principe pas possible avant 4 ans.
L'écart avec le consensus est là : un adulte sous multi-injections, même s'il en tirerait bénéfice, ne peut pas accéder directement à une boucle fermée remboursée. Il doit d'abord passer par une pompe. Un groupe d'experts français avait pourtant proposé en 2024 d'ouvrir la boucle aux personnes sous multi-injections ; la règle de remboursement ne l'a pas suivi.
Les cibles 2026 : HbA1c, temps dans la cible, et des objectifs adaptés à chacun
L'HbA1c reste l'indicateur de référence, avec une cible sous 7 % pour la plupart des adultes. Mais le consensus place à côté d'elle les données du capteur, et notamment le temps dans la cible. Il rapporte même l'idée que l'HbA1c pourrait être mesurée moins souvent si les données du capteur sont régulièrement partagées avec l'équipe.
| Profil | Temps dans la cible | Au-dessus | En dessous |
|---|---|---|---|
| La plupart des adultes | Plus de 70 % entre 0,70 et 1,80 g/L | Moins de 25 % au-dessus de 1,80 g/L, dont moins de 5 % au-dessus de 2,50 g/L (250 mg/dL, 13,9 mmol/L) | Moins de 4 % sous 0,70 g/L, dont moins de 1 % sous 0,54 g/L (54 mg/dL, 3 mmol/L) |
| Objectifs moins stricts (fragilité, espérance de vie limitée, hypoglycémies difficiles à percevoir) | Plus de 50 % entre 0,70 et 1,80 g/L | Moins de 50 % au-dessus de 1,80 g/L, dont moins de 10 % au-dessus de 2,50 g/L | Moins de 1 % sous 0,70 g/L |
| Grossesse ou objectifs plus stricts | Plus de 70 % entre 0,63 et 1,40 g/L (63 à 140 mg/dL, 3,5 à 7,8 mmol/L) | Moins de 25 % au-dessus de 1,40 g/L | Moins de 4 % sous 0,63 g/L, dont moins de 1 % sous 0,54 g/L |
Pour la plupart des adultes, le texte fixe aussi un GMI (l'HbA1c estimée par le capteur) sous 7 %, et un coefficient de variation sous 36 %, signe d'une variabilité glycémique maîtrisée.
Le plus important n'est peut-être pas dans les chiffres, mais dans la deuxième ligne : le consensus prévoit noir sur blanc des objectifs moins stricts pour les personnes chez qui la sécurité passe avant la performance. Une cible n'est pas une note. Nous avions détaillé ce que l'HbA1c dit et ne dit pas dans notre article sur l'HbA1c.
Insuline hebdomadaire (Awiqli) : pas en routine dans le diabète de type 1
Les insulines à 1 seule injection par semaine, l'insuline icodec (Awiqli) et l'insuline efsitora, ont beaucoup fait parler. Le consensus a regardé les essais menés dans le diabète de type 1 : elles font aussi bien que l'insuline lente quotidienne sur l'HbA1c, mais avec « significantly higher rates of level 2 and level 3 hypoglycaemia » : nettement plus d'hypoglycémies importantes (sous 0,54 g/L) et sévères, surtout au milieu de la semaine. Sa conclusion : elles ne sont « not recommended for routine use », pas recommandées en routine dans le diabète de type 1.
En France et en Europe : l'insuline icodec a reçu son autorisation européenne le 17 mai 2024 pour le diabète de l'adulte, type 1 compris. L'Agence européenne du médicament précise toutefois que chez les personnes diabétiques de type 1, elle ne devrait être commencée qu'en cas de bénéfice clair d'un traitement hebdomadaire, les hypoglycémies étant plus fréquentes qu'avec une insuline lente quotidienne. Nous n'avons trouvé aucune trace de sa commercialisation ni de son remboursement en France à ce jour. L'insuline efsitora, elle, a reçu en juin 2026 un avis favorable de l'Agence européenne du médicament, mais uniquement pour le diabète de type 2 : elle n'est pas prévue pour le type 1.
Metformine, GLP-1, SGLT2 : aucun médicament ajouté à l'insuline en routine
Beaucoup d'adultes diabétiques de type 1 se demandent si un comprimé ou une injection en plus pourrait les aider. La réponse du consensus est nette : aucun n'est recommandé en routine, et aucun n'est autorisé dans le diabète de type 1 en Europe.
Ce que dit le consensus, médicament par médicament
- ●La metformine : un effet sur l'HbA1c minime et qui ne dure pas, une perte de poids modeste d'environ 1 kg. Elle est « generally not recommended », même si elle peut être envisagée au cas par cas.
- ●Les SGLT2 (gliflozines) : un risque d'acidocétose multiplié par 2,5 à 6, dont environ un tiers d'acidocétoses dites euglycémiques, c'est-à-dire avec une glycémie presque normale, donc difficiles à repérer. En Europe, la dapagliflozine a perdu son indication dans le diabète de type 1 le 25 octobre 2021, et l'autorisation de la sotagliflozine a été retirée le 22 mars 2022, à la demande des laboratoires.
- ●Les GLP-1 et le tirzépatide : chez un adulte diabétique de type 1 en situation d'obésité (indice de masse corporelle au-dessus de 27), le consensus estime qu'ils peuvent être envisagés au cas par cas, sous une surveillance médicale adaptée.
En France : aucun GLP-1 n'a d'autorisation dans le diabète de type 1. Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro sont remboursés au titre de l'obésité, pour un indice de masse corporelle d'au moins 40, ou d'au moins 35 avec une maladie associée, avec une première prescription par certains spécialistes de l'obésité. Si la question se pose pour vous, elle se pose à votre diabétologue : ces traitements obligent à revoir les doses d'insuline.
Diagnostic de l'adulte et dépistage : ce qui entre dans les recommandations
Le consensus consacre une place nouvelle au diagnostic chez l'adulte, parce qu'il est souvent manqué : plus de 40 % des personnes diagnostiquées après 30 ans sont d'abord traitées comme des diabétiques de type 2. Il propose une démarche en étapes.
La démarche diagnostique proposée chez l'adulte
- ●Y penser devant un diagnostic avant 35 ans, une corpulence normale ou un amaigrissement involontaire, une acidocétose ou une glycémie très élevée au diagnostic, un besoin rapide d'insuline, ou un doute sur le type.
- ●Doser les auto-anticorps, à commencer par les anti-GAD. Un anticorps nettement positif, ou plusieurs, confirment un diabète de type 1.
- ●Sinon, doser le peptide C, le reflet de l'insuline que le pancréas fabrique encore : sous 200 pmol/L, c'est un diabète de type 1 ; entre 200 et 600, le classement reste incertain et se décide cliniquement.
Le texte écarte au passage l'étiquette LADA, qu'il juge trompeuse parce qu'elle risque de retarder l'insuline. Si votre diabète a été classé en type 2 et que ce classement vous interroge, c'est une question pour votre médecin.
Le consensus aborde aussi, pour la première fois, les traitements qui retardent l'arrivée du diabète déclaré : le téplizumab, chez les personnes au stade 2. En France, la HAS a ouvert un accès précoce le 16 avril 2026, à partir de 8 ans, et sa Commission de la transparence lui a reconnu un service médical rendu important. Nous avons tout expliqué dans notre article sur le Teizeild et dans celui sur le dépistage du diabète de type 1.
Le suivi du diabète de type 1 devient global : cœur, complications, moral
C'est l'autre grande nouveauté du texte : il élargit son champ au dépistage des complications, au risque cardiovasculaire et à l'excès de poids. Autrement dit, il ne parle plus seulement de glycémie, mais de toute la santé d'un adulte qui vit des décennies avec son diabète.
Les repères du suivi, selon le consensus
- ●La tension artérielle : sous 130/80 si c'est possible sans risque, et sous 120/80 en cas de risque cardiovasculaire ou rénal plus élevé.
- ●Le cholestérol LDL : une baisse d'au moins 50 %, jusqu'à moins de 0,70 g/L en prévention, et moins de 0,55 g/L (55 mg/dL, 3,1 mmol/L) pour les personnes ayant déjà une maladie cardiovasculaire.
- ●Les complications : un premier examen des yeux dans les 5 ans qui suivent le diagnostic, puis tous les 1 à 2 ans, et une surveillance des reins chaque année. Nous avons détaillé chaque examen et sa fréquence dans notre article sur la prévention des complications.
- ●Le moral : un dépistage du bien-être psychologique « at least annually », au moins 1 fois par an, avec des questionnaires validés. La détresse liée au diabète touche 20 à 40 % des adultes diabétiques de type 1.
- ●Les habitudes : le texte cite notamment un risque d'acidocétose plus que doublé après une consommation récente de cannabis, et le piège de l'alcool, dont l'ivresse peut masquer une hypoglycémie.
En France, pour le soutien psychologique : le dispositif « Mon soutien psy » permet jusqu'à 12 séances par an chez un psychologue partenaire, à 50 € la séance remboursée à 60 % par l'Assurance maladie, en prise de rendez-vous directe, sans ordonnance. Il ne s'adresse pas aux situations les plus sévères, qui relèvent d'un autre parcours. Nous en avions parlé dans notre article sur l'épuisement lié au diabète.
Grossesse, après 65 ans, hôpital : les situations particulières
Avant et pendant une grossesse, le consensus recommande une HbA1c idéalement sous 6,5 % au moins 3 mois avant la conception, et des cibles plus strictes pendant la grossesse (plus de 70 % du temps entre 0,63 et 1,40 g/L). La boucle fermée y est décrite comme en train de devenir le standard de soins. Voir la fiche diabète et grossesse.
Chez les personnes plus âgées, les objectifs se fixent selon l'état de santé, l'autonomie et le risque d'hypoglycémie, pas selon l'âge. Et une phrase mérite d'être citée telle quelle : les technologies avancées, chez les personnes âgées vivant de façon autonome, « should not be discontinued or a priori excluded solely based on age », ne doivent pas être retirées ni refusées au seul motif de l'âge.
À l'hôpital, la cible se situe entre 1,40 et 1,80 g/L (140 à 180 mg/dL, 7,8 à 10 mmol/L), ou entre 1,00 et 1,80 g/L (100 à 180 mg/dL, 5,6 à 10 mmol/L) si c'est possible sans hypoglycémie, et le consensus demande que les adultes qui ne sont pas dans un état critique puissent garder leur capteur, leur pompe ou leur boucle fermée, avec un encadrement adapté, s'ils sont en état de les gérer. Il ne prévoit d'arrêter la boucle fermée que dans des cas précis : une hospitalisation pour une maladie intercurrente, un traitement qui dérègle fortement la glycémie comme les corticoïdes, ou une personne qui n'est plus en état de la gérer, et encore, seulement si aucune équipe formée ne peut prendre le relais. La raison est expliquée ailleurs dans le texte : face à une forte hausse des besoins en insuline, l'algorithme peut ne pas s'adapter assez vite, et un passage en mode manuel peut alors être nécessaire. Ce sont des décisions qui se prennent avec l'équipe soignante, au cas par cas. Nous avions consacré un article à la prise en charge du diabète à l'hôpital.
Ce que ce consensus ne fait pas
Ce n'est pas une recommandation française. En France, le seul document de la HAS sur le diabète de type 1 de l'adulte est un guide de parcours de soins datant de 2014, qui précise lui-même ne pas être une recommandation de bonne pratique. La Société francophone du diabète a publié des prises de position sur la pompe, les capteurs et la boucle fermée (2022 et 2024), mais nous n'avons trouvé aucune réaction officielle de sa part à ce consensus.
Il ne change pas les remboursements. Ce sont les arrêtés publiés au Journal officiel qui décident de ce qui est pris en charge. Un consensus peut les faire évoluer, avec des années de décalage.
Il n'est pas parfait. Le document contient quelques coquilles, dont une unité erronée corrigée le 30 septembre 2026 et d'autres restées dans le texte. Rien qui change ses conclusions, mais une raison de plus pour ne pas le lire comme une ordonnance.
Et il ne remplace pas votre équipe soignante. Un consensus décrit ce qui marche le mieux en moyenne. Votre situation, vos priorités et vos contraintes se discutent en consultation. Ce texte vous donne seulement de bons arguments pour la conversation.
Arriver en consultation avec vos données et vos questions
Ces recommandations ne servent que si vous pouvez les mettre en face de votre propre situation. Garder une trace lisible de vos glycémies, noter ce qui vous pose question au fil des semaines, et préparer ce que vous voulez demander à votre diabétologue : c'est à cela que sert le Cahier de santé de l'application Diabète Campus, conçue par un infirmier lui-même diabétique de type 1.
Diabète Campus.
Questions fréquentes sur les recommandations 2026 du diabète de type 1
Quelles sont les nouvelles recommandations 2026 pour le diabète de type 1 de l'adulte ?
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Le consensus de l'Association américaine du diabète et de l'Association européenne pour l'étude du diabète, publié le 16 septembre 2026, fait du capteur de glucose en continu le standard de soins et de la boucle fermée la méthode optimale d'administration de l'insuline si elle est utilisée régulièrement. Il fixe une HbA1c sous 7 % et plus de 70 % du temps entre 0,70 et 1,80 g/L pour la plupart des adultes, ne recommande pas en routine les insulines hebdomadaires ni les médicaments ajoutés à l'insuline, et élargit le suivi au cœur, aux complications, au poids et au bien-être psychologique.
Quel est l'objectif de temps dans la cible pour un diabète de type 1 ?
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Pour la plupart des adultes diabétiques de type 1, le consensus ADA et EASD 2026 vise plus de 70 % du temps entre 0,70 et 1,80 g/L, moins de 4 % du temps sous 0,70 g/L dont moins de 1 % sous 0,54 g/L, et moins de 25 % au-dessus de 1,80 g/L. Pour les personnes fragiles ou qui perçoivent mal leurs hypoglycémies, l'objectif est assoupli à plus de 50 % du temps dans la cible, avec moins de 1 % sous 0,70 g/L.
La boucle fermée est-elle remboursée en France pour un adulte ?
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Oui, plusieurs systèmes sont pris en charge pour un adulte diabétique de type 1 : MiniMed 780G, t:slim X2 avec Control-IQ, Omnipod 5, CamAPS FX avec la pompe YpsoPump, et DBLG1 avec la pompe Kaleido. Ils sont réservés aux personnes ayant déjà utilisé une pompe à insuline et dont l'objectif glycémique n'est pas atteint. La prescription se fait dans un centre initiateur de pompes, avec une période d'essai de 1 mois au plus, et le système est maintenu si la boucle est active au moins 75 % du temps.
Peut-on avoir une boucle fermée sans être déjà sous pompe ?
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Pas avec un remboursement, en France, au 6 octobre 2026. Les conditions de prise en charge réservent la boucle fermée aux personnes ayant déjà utilisé une pompe à insuline externe. Un adulte sous multi-injections doit donc d'abord passer par une pompe. C'est un écart avec le consensus ADA et EASD 2026, qui présente la boucle fermée comme la meilleure méthode d'administration de l'insuline, et avec une proposition d'experts français de 2024 qui suggérait d'y donner accès aux personnes sous multi-injections.
Le FreeStyle Libre 2 est-il un capteur en temps réel ?
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Pour la Haute Autorité de santé, le FreeStyle Libre 2 et le Libre 2 Plus sont des systèmes « flash » : avec le lecteur, la glycémie se lit en scannant le capteur, et les alarmes passent par l'application. Le consensus ADA et EASD 2026 juge les capteurs à scanner dépassés par les capteurs en temps réel. En France, 2 capteurs en temps réel sont remboursés seuls, en dehors d'une boucle fermée : le Dexcom ONE+ et le FreeStyle Libre Select.
L'insuline hebdomadaire Awiqli est-elle disponible en France pour le diabète de type 1 ?
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L'insuline icodec (Awiqli) est autorisée en Europe depuis le 17 mai 2024 pour le diabète de l'adulte, type 1 compris, mais nous n'avons trouvé aucune trace de sa commercialisation ni de son remboursement en France au 6 octobre 2026. Le consensus ADA et EASD 2026 ne la recommande pas en routine dans le diabète de type 1, en raison de davantage d'hypoglycémies importantes et sévères qu'avec une insuline lente quotidienne. L'insuline efsitora, elle, a reçu en juin 2026 un avis favorable de l'Agence européenne du médicament uniquement pour le diabète de type 2.
Peut-on prendre un GLP-1 comme Ozempic ou Wegovy avec un diabète de type 1 ?
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Aucun GLP-1 n'est autorisé dans le diabète de type 1. Le consensus ADA et EASD 2026 indique qu'un GLP-1 ou le tirzépatide peut être envisagé chez certains adultes diabétiques de type 1 en situation d'obésité, sous une surveillance médicale adaptée. En France, Wegovy et Mounjaro sont remboursés depuis le 15 juin 2026 au titre de l'obésité, à partir d'un indice de masse corporelle de 40, ou de 35 avec une maladie associée. La décision se prend avec le diabétologue.
Faut-il prendre de la metformine quand on a un diabète de type 1 ?
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Le consensus ADA et EASD 2026 ne la recommande généralement pas dans le diabète de type 1 : son effet sur l'HbA1c est minime et ne dure pas, et la perte de poids est d'environ 1 kg. Elle peut être envisagée au cas par cas, sur décision médicale. Plus largement, aucun médicament ajouté à l'insuline n'est recommandé en routine dans le diabète de type 1.
Sources : Holt R I G, DeVries J H et coll., The management of type 1 diabetes in adults. The updated 2026 consensus report by the ADA and the EASD, Diabetologia, 16 septembre 2026, et version publiée dans Diabetes Care ; Assurance maladie, mesure continue du glucose ; HAS, avis sur le FreeStyle Libre 2 Plus et rapport de 2024 sur la mesure continue et les systèmes de boucle fermée ; arrêtés au Journal officiel pour le Dexcom ONE+, le FreeStyle Libre Select, le MiniMed 780G avec Simplera Sync, le t:slim X2 Control-IQ, l'Omnipod 5 et CamAPS FX ; Agence européenne du médicament, Awiqli, Onswik et Zynquista ; MHRA, retrait de l'indication de la dapagliflozine dans le diabète de type 1 ; Assurance maladie, médicaments de l'obésité et Mon soutien psy ; HAS, avis de la Commission de la transparence sur le Teizeild et guide ALD du diabète de type 1 de l'adulte ; Société francophone du diabète, référentiels.









